Le sang est précieux. Il est fourni gratuitement et de manière désintéressée à la communauté. Le sang est de plus en plus rare, d'une part parce que les besoins augmentent en raison du vieillissement et d'autre part parce que de plus en plus de donneurs sont exclus par "principe de précaution" (prévention des maladies transmissibles par le sang). Malgré ces précautions et la très estimée qualité de la Croix-Rouge – Rode Kruis, la transfusion sanguine reste une transplantation de tissus : elle ne sera jamais tout à fait sûre. Il convient donc d'utiliser le sang et les produits sanguins tels que les plaquettes et le plasma avec parcimonie.
L'étude récente du Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE) montre qu'il peut exister, pour une intervention donnée, de grandes différences d'utilisation de sang entre les hôpitaux. Certains hôpitaux sont économes, d'autres sont de grands consommateurs. Des mesures sont donc nécessaires pour promouvoir une utilisation plus rationnelle du sang.
La première solution envisagée était un financement forfaitaire du sang. En fonction des pathologies qu'il traite, l'hôpital reçoit un montant fixe qui doit couvrir les coûts de la transfusion. La transfusion est un événement rare qu'on peut difficilement prévoir et un forfait n'est donc pas une solution adaptée. Ce type de financement forfaitaire pour le sang et les produits sanguins n'existe d'ailleurs pas en Europe : souvent les dépenses de sang sont inclues dans un financement global.
C'est pourquoi le rapport propose d'autres solutions. L'élément clé de la gestion moderne de la transfusion est certainement les "comités de transfusion", créés en 2002 dans chaque hôpital. Ceux–ci doivent être soutenus dans le développement et le suivi de guidelines, car tous les hôpitaux n'en disposent pas encore en 2005. Des feedback sur le nombre de transfusions par pathologie peuvent aider les comités de transfusion à situer la politique de transfusion de leur hôpital par rapport aux autres hôpitaux et à évaluer la qualité de celle-ci. Les hôpitaux pourraient ainsi se définir en tant qu'utilisateurs "prodigues" ou "parcimonieux".
Enfin, l'étude a montré qu'un système relativement simple de "clignotants" permettrait de repérer les grands utilisateurs. En cas "d'alerte", un dialogue sera établi et des propositions seront faites au comité de transfusion pour améliorer leur politique de transfusion.