Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) s’est penché sur l’utilisation et les coûts de 3 types de tests utilisés pour le diagnostic et le suivi des affections neurologiques et psychiatriques. Il a établi une liste des indications pour lesquelles un électro-encéphalogramme (EEG) ou des potentiels évoqués (PE) sont recommandés. La réalisation et le remboursement des « Event-related potentials” (ERP) n’est actuellement pas conseillée.
Un EEG, des PE ou des ERP sont fréquemment réalisés chez les patients qui ont des plaintes neurologiques ou psychiatriques ou une pathologie connue dans ces sphères. Ces tests sont prescrits pour établir un diagnostic ou un pronostic ou encore pour définir la meilleure prise en charge et assurer le suivi du patient. L’électroencéphalogramme (EEG) mesure l’activité électrique du cerveau. Pour ce faire, une vingtaine d’électrodes sont appliquées sur le crâne à l’aide d’un genre de bonnet. Les potentiels évoqués (PE) enregistrent les modifications de l’activité neurologique après administration de stimuli comme des sons, des éclairs lumineux ou une stimulation électronique de la peau. Les ‘Event-related potentials’ (ERP) sont mesurés de la même façon que les PE mais la personne testée doit en plus discerner un stimulus déterminé parmi d’autres.
Dans quels cas réaliser ces tests ?
Le KCE recommande un EEG, entre autres pour la confirmation d’une épilepsie, le diagnostic de la maladie de Creutzfeldt-Jacob et de l’encéphalite (inflammation du cerveau), le pronostic des patients comateux et des nouveaux-nés avec souffrance cérébrale. Les PE sont entre autres conseillés pour le diagnostic de neurinome acoustique (une tumeur bénigne du nerf acoustique), en cas de doute quant au diagnostic d’une sclérose en plaques, et en cas de neuropathie (dysfonctionnement d’un ou de plusieurs nerfs). Les ERP ne sont actuellement pas recommandés pour le diagnostic, le pronostic ou le suivi de patients en pratique clinique.
Coût des tests
Les EEG et les PE sont actuellement réalisés à grande échelle et remboursés par la sécurité sociale Belge. Les 400 et des mille EEG facturés chaque année coûtent plus de 24 millions d’euros à l’INAMI. L’utilisation est restée stable ces 10 dernières années. Les PE coûtent à la collectivité environ 17 millions d’euros par an. Contrairement aux EEG, l’utilisation des PE est en augmentation ces 10 dernières années, pour atteindre environ 200 000 tests. Les ERP n’ont pas de code de nomenclature particulier et ne sont donc normalement pas remboursés. Certains médecins les facturent cependant sous un code EEG ou PE. Leur utilisation ne peut dès lors pas être étudiée.
Remboursement des ERP non recommandé
Vu l’insuffisance de preuves scientifiques actuelles pour l’utilité clinique des ERP, le KCE recommande de ne pas rembourser ces tests et de reconsidérer leur remboursement actuel sous un code EEG ou PE. Il existe tout aussi peu de justification clinique pour effectuer 2 ou 3 PE différents chez le même patient et pour les rembourser.