Le diabète de type 2 prendra dans les prochaines années des proportions épidémiques. Comment garantir dans le futur des soins de santé de qualité à ces patients ? Pour répondre à cette question, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a réalisé un projet ambitieux en collaboration avec l’association flamande du diabète (VDV) et quatre centres universitaires de médecine générale (U Gent, U Antwerpen, KU Leuven et UCL).
Le diabète est une affection chronique sérieuse qui touche un Belge sur 20 tandis qu’un Belge sur dix y sera un jour confronté. Au niveau mondial, le diabète (de type 2 principalement) augmente également, notamment suite au vieillissement de la population et à l’augmentation du taux d’obésité. Le traitement du diabète de type 2 va bien au-delà d’un contrôle de sucre dans le sang : d’autres facteurs de risque (surcharge pondérale, taux élevé de cholestérol) doivent également être traités. Cette approche multifactorielle est un réel défi.
L’organisation de notre système de santé est principalement orientée vers la prise en charge des problèmes aigus mais moins adaptée aux problèmes de santé chroniques. Le projet du KCE apporte des éléments scientifiques importants qui peuvent servir de base pour les décisions relatives à l’organisation des soins du diabète et, par extension, à l’organisation des soins d’autres pathologies chroniques. L’implication active du patient (« patient empowerment ») a un effet positif sur le résultat du traitement. Que les soins soient dispensés en milieu hospitalier ou à la maison est par contre peu important pour les résultats à condition que ces soins soient de qualité, conformes aux données scientifiques récentes. Le médecin généraliste peut, en concertation avec le spécialiste, jouer un rôle central pour dispenser ces soins.
Un élément important dans la stratégie proposée est le suivi de la qualité des soins, afin d’obtenir les résultats souhaités. Le rapport du KCE propose des indicateurs qui permettent de mesurer la qualité de ces soins.
Finalement, il apparaît que des interventions isolées ne peuvent agir sur la qualité des soins. Les initiatives dispersées doivent laisser place à une politique de santé orientée vers le « disease management », prise en charge globale de la maladie : raison pour laquelle les actions doivent être coordonnées à l’échelon national.