Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) s’est penché sur une nouvelle technique pour le traitement de l’emphysème pulmonaire, utilisant de petites valves introduites par les voies respiratoires. Tant l’efficacité que la sécurité laissent à désirer. C’est pourquoi, le KCE n’en recommande pas le remboursement.
Plus d’un belge sur 20 souffre de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Sous l’appellation BPCO sont réunies plusieurs affections chroniques des poumons qui associent une toux chronique et une dyspnée. Ce qui détériore sévèrement la qualité de vie. La cause principale en est le tabagisme.
Quelques patients avec BPCO luttent surtout contre un rétrécissement des voies respiratoires. Ceux-là sont aidés par des médicaments (voir le récent rapport 108 du KCE). Chez d’autres patients, ceux souffrant d’emphysème, des parties malades du poumon se dilatent anormalement et prennent, d’une certaine manière, la place du tissu pulmonaire sain, qui ne peut dès lors plus bien fonctionner. Ce type d’affection répond mal au traitement médicamenteux. Les parties malades du poumon peuvent bien être réséquées par voie chirurgicale, mais cette intervention est peu réalisée en raison d’une forte mortalité et d’un succès limité.
Depuis quelques années, a été développée une technique qui permet de fermer les parties malades du poumon au moyen de valves introduites par les voies respiratoires (valves endobronchiales ou VEB). Leur mise en place se fait le plus souvent sous anesthésie générale et demande quelques jours d’hospitalisation
Pas de preuves d’efficacité, risque de complications
Le KCE constate qu’il n’existe actuellement pas de preuve formelle de l’efficacité de l’implantation de VEB. De plus, un problème de sécurité existe en cas d’emphysème sévère. L’intervention peut engendrer un pneumothorax, des crises de dyspnée et des exacerbations de BPCO avec une augmentation du nombre des hospitalisations. L’attribution du label européen CE est, selon le KCE, trompeur pour les médecins et les patients. Il n’apporte pas de garantie sur l’efficacité et la sécurité de l’implant.
Coûts
Le coût du matériel pour un traitement par VEB s’élève en moyenne à plus de 8000 euros par patient. Et cela ne prend pas en compte les frais supplémentaires liés à l’hospitalisation, les médicaments, les honoraires des médecins, etc. Le coût de l’implant n’est actuellement pas remboursé par la sécurité sociale.
Remboursement non conseillé
Le KCE recommande de ne pas rembourser les VEB chez les patients avec emphysème pulmonaire au stade terminal. Le KCE est ici en accord ave la FDA américaine (Food and Drug Administration), qui a décidé en décembre 2008, de ne pas autoriser la mise en vente de cet appareil sur le marché US. Les VEB pourraient être utiles chez des groupes de patients sélectionnés, mais cela doit préalablement être prouvé par des études cliniques fiables.