Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a étudié l’efficacité et le rapport coût/efficacité du tiotropium (vendu sous la dénomination commerciale Spiriva®). Il s’agit d’un médicament à longue durée d’action utilisé dans le traitement de la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO). Comparé à un médicament similaire, le tiotropium n’apporte rien de plus. Par contre, il coûte beaucoup plus cher. Le KCE recommande dès lors d’en diminuer le prix ou d’en stopper le remboursement.
Plus d’un belge sur 20 souffre de broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO), une affection progressive se manifestant par de l’essoufflement et une réduction de la capacité à l’effort. Ce sont surtout les fumeurs de plus de 65 ans qui développent une BPCO sévère et plus de 8% des personnes de plus de 80 ans en meurent.
Le tiotropium est un médicament à longue durée d’action qui favorise la bonne perméabilité des voies aériennes. Il est recommandé dans le traitement des formes sévères de BPCO. Les autres médicaments à longue durée d’action disponibles sur le marché belge sont le salmeterol et le formoterol.
L’INAMI rembourse le tiotropium depuis 2004. Dans sa demande de remboursement le fabricant avait précisé que les coûts du médicament seraient compensés par les économies engendrées grâce à une réduction du nombre des hospitalisations et une moindre utilisation d’autres médicaments comme les antibiotiques. La décision de rembourser était soumise à révision après une période de 3 ans.
Entre 2004 et 2007 les dépenses pour le tiotropium sont passées de 12 à 26 millions d’euros, dont presque 5 à charge du porte-monnaie des patients. Le nombre de patients sous tiotropium est passé de 57 000 à 86 000. Un mois de traitement par tiotropium coûte près de 52€, dont environ 10 à charge du patient, tandis que les prix du formoterol et du salmeterol sont respectivement d’environ 35 et 31€.
Au terme des trois premières années de remboursement, les résultats disponibles conduisaient à la conclusion que le tiotropium ne présentait pas d’avantages par rapport aux autres médicaments à longue durée d’action. De plus, il n’y avait pas de preuve que d’autres frais médicaux diminuaient. La procédure de révision à l’INAMI n’a cependant pas conduit à une modification de son prix.
Le KCE a analysé les résultats de toutes les études publiées au sujet de l’efficacité comparée du tiotropium par rapport au salmeterol, y compris celles parues depuis la révision de 2007. Tant en ce qui concerne le nombre de rechutes que les admissions hospitalières, la qualité de vie, l’essoufflement ou la mortalité, aucune différence notoire entre les deux médicaments n’a toujours pu être mise en évidence.
Le prix plus élevé du tiotropium rend son rapport coût /efficacité défavorable. C’est la raison pour laquelle le KCE est d’avis que ce prix n’est pas défendable. Il recommande donc l’arrêt du remboursement si le fabricant n’accepte pas une réduction du prix au niveau de celui du salmeterol.