Vacciner davantage de malades chroniques contre la grippe saisonnière est la meilleure stratégie pour diminuer le nombre d’hospitalisations

  • Juillet 14, 2011

La grippe saisonnière revient chaque hiver, et se distingue de la grippe pandémique (telle celle causée par le H1N1 en 2009), qui est plus sporadique. Seuls 20% des malades chroniques de moins de 65 ans sont actuellement vaccinés contre la grippe saisonnière. La manière la plus efficiente de diminuer le nombre d’hospitalisations liées à la grippe saisonnière est de vacciner davantage ce groupe. Les personnes de 75 ans et plus sont bien vaccinées dans notre pays (à plus de 70%). Cette couverture devrait être au moins maintenue ou si possible encore augmentée. On ne sait pas avec certitude si cela pourra diminuer le nombre de décès dans ce groupe, notamment parce que la couverture actuelle est déjà très élevée. Tels sont les constats du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) dans sa dernière étude.

Certains groupes spécifiques sont prioritaires pour la vaccination
Le nombre de doses de vaccin contre la grippe est limité. C’est la raison pour laquelle les personnes qui ont un risque plus élevé de faire des complications ou de décéder de la grippe sont prioritaires pour la vaccination anti-grippe : il s’agit des personnes âgées de plus de 65 ans, des personnes vivant en institutions et des malades chroniques. Les autres groupes chez qui la vaccination est recommandée sont les travailleurs de la santé, les femmes enceintes, les personnes âgées de 50 à 64 ans, les personnes travaillant dans les élevages de volailles et de porcins, de même que les membres de leur foyer. La conférence interministérielle belge sur la santé a demandé au KCE d’étudier la priorisation de ces groupes cibles, afin d’optimiser l’utilisation des vaccins disponibles.

Les chercheurs ont travaillé sur un certain nombre d’hypothèses. Les groupes qui devraient être prioritaires varient en fonction des objectifs des décideurs.

Pour diminuer le nombre total de cas de grippe : surtout vacciner les adultes de moins de 65 ans
Augmenter de 20% la couverture vaccinale des adultes en bonne santé âgés de 50 à 64 ans permettrait d’éviter environ 4.000 cas ambulatoires de grippe. Cependant, une telle stratégie coûterait plus de 300 000 vaccins supplémentaires et ne préviendrait que 11 admissions et aucun décès. Ce résultat est de plus incertain, en raison du manque de données sur les patients et de la variabilité des virus de la grippe.

Pour diminuer le nombre d’hospitalisations : surtout vacciner les malades chroniques
La couverture vaccinale chez les malades chroniques est actuellement basse : seuls 20% des malades chroniques âgés de moins de 65 ans ont été vaccinés contre la grippe en 2008. Cependant, c’est le groupe qui court le plus haut risque d’être hospitalisé pour une grippe ou une pneumonie – les jeunes adultes inclus – et la vaccination est la solution la plus efficiente pour prévenir ces hospitalisations. Une augmentation de la couverture vaccinale de 20% permettrait d’éviter 200 hospitalisations et de 1 à 15 décès.

Maintenir une haute couverture chez les personnes de plus de 75 ans, ou même l’augmenter
Chez les personnes de plus de 75 ans, la vaccination est efficiente pour éviter les hospitalisations. Cependant, plus de 70% d’entre eux sont déjà vaccinés, ce qui est déjà un bon résultat. Le KCE recommande de maintenir la vaccination de ce groupe au moins à ce niveau, ou même d’encore l’augmenter.

Cependant, on ne sait pas bien si vacciner davantage les personnes âgées pourrait aussi diminuer le nombre de décès. La majorité des décès liés à la grippe saisonnière est enregistrée chez les personnes de 75 ans et plus. Le système immunitaire de ces personnes répond moins bien à la vaccination, et l’effet exact de la vaccination dans ce groupe n’a pas encore pu être mesuré correctement. De plus, on ne peut pas toujours établir quels décès sont réellement causés par la grippe, sur base des données actuellement disponibles. Dès qu’il sera possible de mieux appréhender le phénomène, le KCE devra peut-être revoir ses conclusions.

Dans une prochaine partie de cette étude, le KCE évaluera le rapport coût-efficacité de ces vaccins, les effets indirects de la vaccination et l’impact d’autres types de vaccins contre la grippe.

 

Quelques chiffres
La grippe saisonnière peut provoquer un grand nombre de cas et de décès en hiver. Une grippe sans complications se manifeste principalement par de la fièvre, des douleurs musculaires et une toux sèche. Mais elle peut aussi se compliquer en pneumonie et mener à une hospitalisation, surtout chez les personnes âgées et les jeunes enfants. Sur base des données de l’ISP sur les consultations chez les généralistes, un peu moins de 300.000 Belges en moyenne ont consulté un généraliste à cause d’une grippe chaque année, entre 2003 et 2009. La moitié des patients qui ont été hospitalisés pour une pneumonie lors des dernières années avait 65 ans et plus, et 22% avaient moins de 5 ans. Ce sont surtout les malades chroniques qui sont à risque : ils courent un risque 7 fois plus élevé d’être hospitalisés pour grippe ou pneumonie. La majorité des décès considérés comme étant causés par la grippe provient aussi de ce groupe, ainsi que du groupe des 65 ans et plus (98% de tous les décès causés par la grippe).

Pour plus d’information sur la grippe et le vaccin : www.influenza.be

Pour des données plus récentes sur la grippe (2011-2011) : http://influenza.wiv-isp.be

 

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