Test du sommeil contre mort subite : un coup dans l’eau

  • décembre 22, 2006

Si le petit Jésus naissait en Belgique aujourd’hui il aurait une chance sur sept de subir, dans l’année qui vient, une polysomnographie (PSG) plus communément appelée test du sommeil, très probablement par crainte d’une éventuelle mort subite du divin nourrisson. Cependant, dans son cas comme dans celui d’un grand nombre d’enfants actuellement en Belgique, rien n’aurait indiqué la nécessité de passer ce test, qui a coûté en 2003 plus de 14 millions d’euros à la sécurité sociale. Dans son dernier rapport, le Centre d’expertise (KCE) fait le point sur l’utilisation et l’utilité de ce test.

La polysomnographie contrôle la respiration, le rythme cardiaque et l’activité neurologique durant le sommeil. Ce test a la réputation d’évaluer le risque de mort subite du nourrisson. En fonction de ses résultats, l’enfant testé sera ensuite surveillé par un monitoring à domicile. Mais une étude récente du KCE démontre que ni le test du sommeil ni le monitoring à domicile ne constituent une garantie contre la mort subite du nourrisson. En outre, ces examens risquent d’inquiéter inutilement les parents.

L’utilisation commune de l’appellation « test de la mort subite » est donc trompeuse. L’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE), Kind & Gezin (K&G) et les représentants des pédiatres ne préconisent d’ailleurs pas ce test dans la prévention de la mort subite.

Néanmoins, un certain nombre de parents le réclament encore alors même qu’ils n’ont aucune raison de s’inquiéter. Pour les rassurer, certains médecins prescrivent ce test inutilement. Il faut rappeler aux parents inquiets que la mort subite du nourrisson ne touche plus que neuf enfants sur 10.000 et que, de toute façon, le test du sommeil ne peut pas prédire la mort subite du nourrisson. Les parents doivent être informés que des consignes simples de prévention réduisent le risque de mort subite : ne pas fumer pendant ni après la grossesse, coucher systématiquement l’enfant sur le dos pendant son sommeil, lui procurer un environnement de sommeil sain (température de la chambre, literie adaptée). Ces mesures concrètes peuvent sauver des vies, contrairement à l’utilisation inappropriée du test du sommeil.

Le test du sommeil garde vraisemblablement son utilité dans des certains cas. Chez certains prématurés, chez certains nourrissons nés à terme mais de faible poids à la naissance, chez certains enfants souffrant de syndromes spécifiques ou encore chez des enfants pour qui on craint un incident mettant leur vie en danger (étouffement, changement de la couleur de la peau, etc.), le test du sommeil et le monitoring peuvent être indiqués mais pour d’autres raisons que la prévention de la mort subite du nourrisson.

Le rapport du Centre d’expertise conclut donc que la polysomnographie doit être réservée à certains enfants et qu’elle ne doit pas être considérée comme un moyen miracle d’éviter les morts subites du nourrisson. Pour garantir une utilisation adéquate du test, la prescription devrait être confiée à un spécialiste reconnu et formé à l’utilisation du test, et ce dernier devrait être réalisé dans un centre spécialisé agréé par souci de garantie de la qualité des soins.

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