Repenser l’aide psychiatrique urgente à apporter aux jeunes

  • Septembre 23, 2010

De plus en plus d’enfants et d’adolescents ont besoin d’une aide psychiatrique en urgence. La meilleure manière de fournir cette aide est d’utiliser une approche intégrée sans créer des structures séparées, estime le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), dans une étude menée en collaboration avec l’Université d’Anvers. La Belgique aurait besoin de 15 entités structurées de manière intégrée pour assurer cette aide, avec au moins une par province. Cette aide d’urgence doit être disponible à tout moment et de préférence apportée de manière aussi proche que possible du milieu de vie de l’enfant ou de l’adolescent.

Un nombre croissant de jeunes patients
On dispose de peu de données officielles, mais le nombre d’enfants et d’adolescents confrontés à des problèmes psychiques urgents, est en augmentation. Il y a pénurie de pédopsychiatres et le secteur est confronté au problème des listes d’attente. En 2007, on a dénombré 4 200 hospitalisations d’enfants et d’adolescents durant moins de 14 jours, ce qui indique qu’il s’agissait sans doute de problèmes psychiques urgents. Cela signifie 19 admissions par 150 000 jeunes. En outre, Integrale Jeugdhulp a enregistré environ 1 000 cas en 2008 en Flandre. Il s’agit d’enfants entre 6 et 18 ans, la plupart étant des adolescents entre 12 et 15 ans. Ils sont aux prises avec des problèmes de suicide ou de tentative de suicide et des problèmes comportementaux, notamment d’agressivité.

Pas de porte d’entrée claire pour l’aide de crise
Aujourd’hui les jeunes entrent dans le système d’aide urgente de différentes manières. Cette aide est fournie par les services d’urgence des hôpitaux généraux et les services (pédo)psychiatriques, les centres de santé mentale, les services d’aide, etc … A signaler aussi que certains jeunes n’entrent en contact avec ces services qu’après un passage par les services judiciaires ou la police. Les compétences en matière de santé mentale sont donc éparpillées et les services qui pratiquent de l’intervention de crise ne travaillent pas toujours ensemble. Le secteur ressent un besoin de mettre en place une porte d’entrée claire et accessible pour l’aide psychiatrique urgente ainsi qu’une approche intégrée entre tous les services concernés.

Une aide de crise ne doit jamais être refusée
Le KCE recommande d’organiser l’aide urgente en tant que fonction - c'est-à-dire un ensemble coordonné d’activités – plutôt qu’en tant que service ou section séparée. Cette collaboration fonctionnelle entre les différents types de prestataires permettra d’apporter à l’enfant l’aide la plus appropriée.

L’objectif le plus important de cette organisation fonctionnelle est d’assurer sans délai la sécurité du patient et de son environnement immédiat. Pour cela elle doit disposer de personnel formé, de moyens de transport et de communication et parfois de lits résidentiels et sécurisés.

L’aide d’urgence doit être fournie immédiatement, être accessible en permanence (24h sur 24, 7 jours sur 7, toute l’année) et ne jamais pouvoir être refusée. L’idéal est que le jeune soit pris en charge dans son milieu de vie, en associant à la démarche les parents, l’école, etc … Une admission ne peut être réalisée que si elle est indispensable. L’aide d’urgence ne devrait pas durer plus de deux semaines, un délai suffisant pour évaluer et stabiliser la situation, et éventuellement référer le patient à un service d’aide à plus long terme.

15 fonctions pour la Belgique
Bien que l’on ne dispose pas de chiffres permettant une évaluation précise, le KCE propose une fonction d’aide urgente par 150 000 jeunes, avec au moins une fonction par province. Cela revient à environ 15 structures fonctionnelles pour la Belgique. Les chercheurs n’ont pas pu déterminer le coût d’une telle organisation car des données fiables ne sont pas disponibles. Le KCE recommande dès lors d’améliorer l’enregistrement de données fiables.

Une approche globale
La demande et les besoins en aide urgente sont influencés par le bon fonctionnement et l’accessibilité de l’ensemble des services destinés aux enfants et aux adolescents. Le KCE propose dès lors que le développement des fonctions d’aide urgente soit intégré dans une approche globale de l’organisation des soins de santé mentale pour les jeunes.

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