Quel rôle pour le test Mammaprint® dans les décisions de chimiothérapie adjuvante en cas de cancer du sein au stade précoce ?

Illustration report 298

KCE Reports 298B (2018)

Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes en Belgique et dans le monde. Tant que ce cancer est au stade précoce, le traitement est essentiellement locorégional, c’est-à-dire par chirurgie seule ou combinée à la radiothérapie. En théorie, ce traitement  suffit à éradiquer la tumeur puisqu’elle est encore limitée. Toutefois, on sait qu’environ 30% des patientes ainsi traitées risquent de développer des métastases à distance, parce que des cellules cancéreuses métastatiques sont déjà présentes, mais indétectables au moment du diagnostic. C’est pour éradiquer ces cellules métastatiques que certaines patientes reçoivent, après le premier traitement, une chimiothérapie dite « adjuvante », avec l’espoir de stopper toute évolution de la maladie.

Pouvoir identifier les femmes porteuses de telles métastases encore indétectables représente donc un enjeu considérable, car cela permettrait d’éviter la chimiothérapie à toutes les autres. De nombreuses équipes tentent donc de développer des tests permettant de déterminer le risque de métastases et les chances de réponse à la chimio.

Le Mammaprint® est l’un de ces tests. Le but de cette étude était de déterminer si son ajout aux méthodes classiques d’évaluation du risque permettait d’éviter la chimiothérapie chez certaines patientes pour lesquelles le risque est difficile à évaluer, sans diminuer leurs chances de survie. La réponse est malheureusement qu’il est encore trop tôt pour pouvoir l’affirmer, d’une part parce qu’il persiste trop d’incertitudes sur son utilité clinique et d’autre part parce que l’on manque de données détaillées sur les approches utilisées par les oncologues belges lors du choix d’administrer ou non une chimiothérapie adjuvante.

Publié le: 
2018/01/22