Trop peu de patients pour un centre belge d’hadronthérapie

  • novembre 13, 2007

Le nombre de patients cancéreux qui pourraient bénéficier de l’hadronthérapie est trop faible pour justifier la création d’un centre en Belgique. C’est la conclusion que livre une récente étude du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE). La solution réside plutôt dans des accords avec des centres étrangers pour le traitement des patients belges.

L’hadronthérapie est une technologie expérimentale qui projette à très grande vitesse des protons ou depuis peu des ions carbone non radioactifs sur une tumeur. Au contraire de la radiothérapie classique, on n’utilise pas de rayonnement radioactif. La technique nécessite la création d’un centre spécialisé et l’intervention d’une équipe très spécialisée : ingénieurs, physiciens, informaticiens, médecins et personnel infirmier. Il existe 8 centres d’hadronthérapie en Europe mais aucun en Belgique.

L’hadronthérapie existe depuis 45 ans. Plus de 50.000 patients ont déjà été traités dans 28 centres. A ce jour pourtant, seules quelques études cliniques se sont penchées scientifiquement sur l’efficacité de l’hadronthérapie par protons. Il est par conséquent difficile de porter un jugement sur son efficacité dans le traitement de la plupart des tumeurs. Les études disponibles indiquent que l’hadronthérapie est utile dans le traitement de tumeurs particulières de l’œil, des glandes salivaires et de la base du crâne. Il n’existe encore aucune étude sur l’effet de l’hadronthérapie par ions carbone, technique plus récente.

Les données du Registre du Cancer indiquent qu’à l’heure actuelle de 50 à 100 patients par an pourraient tirer profit de l’hadronthérapie. Ce petit nombre de patients ne peut pas, selon le KCE, justifier la construction d’un centre pouvant traiter 900 patients par an pour un budget annuel de 28 millions d’euro.

Pour le KCE, une solution pour ces patients consisterait en la conclusion d’accords entre l’INAMI et les centres d’hadronthérapie étrangers comme Villigen (Suisse), Heidelberg, Nice, Berlin, Clatterbridge (GB) et Essen. Le coût pour 50 patients s’élèverait à 1,7 millions d’euro, ce qui représente 6% du coût annuel d’un nouveau centre en Belgique.

Le KCE recommande qu’une commission composée de radiothérapeutes fixe les indications les plus pertinentes pour ce traitement, et ce toujours en fonction des résultats cliniques les plus récents. De plus, cette commission s’assurerait que tout traitement soit inclus dans une étude clinique enregistrée.

Si les résultats obtenus par la nouvelle technologie ions carbone étaient considérés comme suffisamment prometteurs, l’Etat pourrait envisager d’investir dans un centre expérimental à partir de fonds pour la recherche biomédicale et de fonds d’aide à des partenaires industriels locaux.

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