Sécurité d’approvisionnement des produits dérivés du plasma sanguin en Belgique

  • novembre 24, 2009

Pour certaines maladies graves, les dérivés du plasma constituent le seul remède possible. Ces dérivés sont obtenus par fractionnement de plasma sanguin d’origine humaine. Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a examiné dans quelle mesure la Belgique pouvait subvenir à ses propres besoins en dérivés plasmatiques. Pour le moment, les donneurs belges fournissent 60% des quantités utilisées en Belgique ; le reste est acheté à l’étranger. À court terme, cela ne semble pas poser problème mais le système actuel qui consiste à subsidier la Croix Rouge et le Département Central de Fractionnement (DCF) pour garantir un bon approvisionnement en dérivés plasmatiques, offre peu de garanties réelles en cas d’augmentation brusque de la demande de dérivés au niveau international. Le KCE recommande une analyse de risques et plus de transparence au niveau de l’utilisation des subsides et sur les volumes de plasma et de dérivés plasmatiques qui transitent par le DCF.

Pour des affections graves comme certains problèmes du système immunitaire ou de coagulation (par exemple l’hémophilie), les dérivés plasmatiques constituent parfois le seul traitement. Ces dérivés ne peuvent être obtenus qu’à partir de plasma sanguin d’origine humaine, c-à-d. la partie liquide du sang.

En Belgique, le sang est récolté principalement par la Croix Rouge (CR). Celle ci extrait le plasma du sang soit en séparant les cellules sanguines du plasma à partir des dons de sang complet, soit par plasmaphérèse, procédé consistant à réinjecter ses cellules sanguines au donneur après avoir extrait le plasma de son sang.

La CR vend le plasma qu’elle a récolté au Département Central de Fractionnement (DCF), entreprise en charge du fractionnement de l’entièreté du plasma belge. Le DCF vend ensuite les dérivés qu’il a fabriqués en priorité aux hôpitaux belges.

De nombreux pays, dont la Belgique, consomment des quantités plus grandes de dérivés que celles qu’ils peuvent produire grâce aux dons de sang de leurs citoyens. Ils doivent donc acheter le complément à des entreprises de fractionnement qui se fournissent en plasma étranger. En cas d’augmentation brusque de la demande internationale, les dérivés pourraient se raréfier en Belgique. En effet, les autres entreprises que le DCF pourraient décider de ne plus vendre qu’aux pays les plus offrants, laissant sur le carreau les autres pays, qui n’auront alors d’autre solution que de récolter une quantité plus grande de plasma auprès de leurs propres concitoyens.

La Belgique n’anticipe pas une brusque augmentation des besoins en dérivés
Le KCE a examiné l’autosuffisance de la Belgique en matière de dérivés. Les donneurs belges couvrent 60% des dérivés utilisés. Cela ne pose pas de problème pour le moment mais si la demande venait à augmenter, on ne sait pas très bien ce qui se passerait. Le subside de 25 € par litre de plasma, octroyé à la CR pour qu’elle consente un prix avantageux au DCF, suffirait il à assurer une production suffisante de dérivés plasmatiques en Belgique ? Et les accords passés entre le DCF et d’autres entreprises de fractionnement à l’étranger garantissent ils que tout le plasma récolté en Belgique servira bien à couvrir les besoins des belges ?

Jusqu’à présent, le concept d’autosuffisance n’a pas été réellement approfondi. Si la Belgique choisit de dépendre partiellement du marché international pour la fourniture de dérivés plasmatiques, cela devrait résulter d’un choix politique conscient, fondé sur une analyse de risques. Par ailleurs, un État qui octroie des subsides doit pouvoir en contrôler l’usage. Le KCE recommande plus de transparence sur l’usage de ces subsides et aussi sur les volumes de plasma et de dérivés plasmatiques qui transitent par le DCF.

De plus, le KCE recommande une évaluation rigoureuse des coûts engendrés par la plasmaphérèse pour la Croix Rouge. Cette évaluation devrait permettre de fixer le subside au niveau minimum nécessaire pour que cette activité soit financièrement en équilibre et qu’il soit ainsi possible de récolter les quantités de plasma définies.

Des comportements de prescriptions différents entre les hôpitaux
Les immunoglobulines (IG) sont les dérivés qui nécessitent les plus grandes quantités de plasma. Leur consommation est en croissance constante. Pour l’heure, elles sont remboursées dans 13 affections différentes. Le KCE a observé une grande variation entre les hôpitaux dans la prescription d’IG, en particulier chez les pneumologues. C’est surtout dans certains services de pneumologie non universitaires que les IG sont fréquemment prescrites. Ces variations importantes dans les comportements de prescription indiquent la nécessité de recommandations de bonne pratique pour la prescription des IG. Le Conseil Supérieur de la Santé a d’ailleurs commencé à travailler sur ces recommandations.

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