Rupture artificielle de la poche des eaux et épisiotomie: recommandées uniquement dans certaines circonstances si l’accouchement est normal

  • Octobre 18, 2010

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a mis au point, en collaboration avec un groupe de gynécologues et de sages-femmes, des recommandations pour l’accouchement normal à bas risque. Il est important que les femmes enceintes et leurs partenaires soient bien informés des étapes de l’accouchement, afin de faire des choix conscients qui seront respectés dans la mesure du possible. La rupture artificielle de la poche des eaux et l’épisiotomie ne devraient pas être pratiqués en routine.

Pour nos arrière-grands-mères, l’accouchement était encore un évènement risqué. Il y a 100 ans, les femmes mourraient encore régulièrement en couches et la mortalité infantile pendant ou après l’accouchement était élevée. Dans le courant du 20ème siècle, la sécurité de la mère et de l’enfant se sont améliorées progressivement dans les pays occidentaux. Dans les 30 dernières années, la mortalité infantile a encore diminué de 22 à moins de 7 par 1000 naissances. Cette amélioration spectaculaire a été de pair avec une médicalisation très poussée et une intensification de l’utilisation des technologies lors de l’accouchement. La technologie a cependant parfois tendance à aller trop loin et les innovations ne tiennent pas toujours leurs promesses.

Recommandations pour l’accouchement “normal”
Le KCE a établi des recommandations pour l’accouchement normal des femmes enceintes en bonne santé dont l’accouchement est à bas risque. Elles sont destinées à tous les professionnels de santé concernés par la maternité et sont réalisées à partir de la littérature scientifique internationale récente et ce, en collaboration avec les gynécologues et les sages-femmes. Les recommandations prennent en compte toutes les étapes de l’accouchement, depuis l’admission à la maternité jusqu’à la fin de la première heure suivant la naissance.

Informer la femme enceinte et son partenaire est crucial
Le KCE plaide en faveur d’une bonne information de la femme enceinte et de son partenaire au sujet de l’organisation de la maternité, des étapes de l’accouchement et des actes potentiellement utilisables. Citons un éventuel déclenchement artificiel du travail, le soulagement de la douleur, la position lors de l’accouchement,… Cette information devrait faire partie intégrante du suivi de la femme enceinte, de telle sorte qu’elle puisse faire des choix raisonnés à ce sujet. La femme enceinte sera aussi encouragée à se faire accompagner à la maternité par la personne de son choix.

Déclenchement artificiel de l’accouchement
En Belgique, près d’un accouchement sur 3 est déclenché artificiellement, parfois pour des raisons médicales, mais parfois aussi pour des raisons d’organisation pratique. La littérature scientifique ne met pas en évidence d’inconvénient important à cette pratique. Toutefois les femmes peuvent ressentir des douleurs plus vives lors d’un accouchement induit que lors d’un accouchement spontané. Le déclenchement entraîne aussi une plus grande probabilité de césarienne si le col de la matrice n’est pas prêt. De plus, les conséquences pour le bébé ne sont pas connues actuellement. C’est pourquoi, le déclenchement d’un accouchement pour des raisons purement organisationnelles est déconseillé entre 39 et 41 semaines.

Atténuation de la douleur: respecter les choix de la femme
Les choix de la femme par rapport à l’atténuation de la douleur, et les éventuels changements par rapport à ces choix, devraient être respectés autant que possible. Quand la femme demande une analgésie, une analgésie locale (le plus souvent péridurale) est le meilleur choix. Elle ne sera pas interrompue durant l’accouchement ou la suture du périnée.

Rupture de la poche des eaux et épisiotomie: de préférence pas systématiques
Des études scientifiques à grande échelle ont montré que la rupture artificielle de la poche des eaux en routine pour accélérer le travail et l’épisiotomie (incision superficielle de la vulve pour l’élargir) systématique pour réduire les déchirures n’apportaient pas d’avantages en comparaison avec une utilisation plus ciblée de ces actes.

Les connaissances scientifiques évoluent. Une révision de ces recommandations sera donc probablement nécessaire endéans les 5 ans.

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