Mesurer la qualité des soins en hôpital : il y a encore du pain sur la planche

  • Octobre 19, 2006

La Belgique possède les meilleurs soins de santé du monde. C’est en tous cas ce que l’on entend souvent. Mais en fait, nous ne sommes pas en mesure de le prouver car nous ne mesurons pas de manière systématique la qualité de nos soins de santé. Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), en collaboration avec le Centre des sciences hospitalières et infirmières de la KUL, a étudié comment pallier ce manque de suivi de la qualité des soins en Belgique grâce à des « indicateurs de qualité ». Le KCE souhaite que ce rapport puisse donner une impulsion à la mise en place d’une politique de qualité digne de ce nom en Belgique.

La première partie du rapport donne un aperçu des systèmes d’indicateurs de qualité existant à l’étranger. Des pays tels que l’Australie, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les Pays-Bas ont adopté une mesure de la qualité des soins en utilisant des indicateurs de qualité. Certains pays ont simplement pour objectif de contrôler et d’améliorer la qualité, d’autres utilisent ces systèmes comme base de financement des hôpitaux.

A partir de la littérature scientifique et des expériences à l’étranger, le Centre fédéral d’expertise a développé un cadre méthodologique comprenant les étapes cruciales pour développer et mesurer de manière professionnelle les indicateurs de qualité. En effet, mesurer la qualité des soins ne s’improvise pas. Il faut au départ avoir une idée claire au sujet des personnes impliquées dans cette mesure, comment, pour quel objectif, avec quelles données et quelles seront les conséquences des résultats.

La mesure de la qualité des soins nécessite des données fiables. De nombreuses bases de données relatives à la santé existent en Belgique. La fiabilité des ces données n’est cependant pas contrôlée et les bases de données ne sont pas couplées entre elles.  A titre d’illustration, des données relatives aux soins de patients diabétiques se retrouvent au niveau des hôpitaux (dans les «résumés cliniques minimum»), dans les bases de données des mutuelles, dans les rapports des centres conventionnés, dans le registre belge du diabète …

La Belgique a peu d'expérience en matière de mesure de la qualité clinique en hôpital. Les initiatives existantes (des autorités, mutuelles, hôpitaux individuels ou groupes d'hôpitaux) sont dispersées et manquent un objectif commun. Mesurer la qualité n'est pas une sinécure et requiert le professionnalisme nécessaire. Quatre exercices relatifs à l'accident vasculaire cérébral, aux soins liés à l'accouchement, aux soins des personnes âgées et à la prothèse totale de hanche ont été réalisés dans le cadre de cette recherche. Ils montrent que la mesure des indicateurs de qualité cliniques est réalisable tant sur le plan du contenu que sur le plan technique, malgré les limitations des bases de données disponibles.

De nombreux prestataires et hôpitaux qui offrent des soins de qualité à leurs patients sont demandeurs pour ces initiatives à condition qu'elles ne créent pas de surcharge de travail administratif et que les indicateurs de qualité soient utilisés de manière judicieuse. Le KCE formule une recommandation claire à l'attention des décideurs: arrêtons la dispersion d'initiatives et unissons nos forces pour la construction d'un système d'indicateurs de qualité.

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