Les peptides natriurétiques : une analyse de sang toute simple pour détecter la décompensation cardiaque ?

  • Janvier 20, 2006

Une analyse de sang est trop souvent considérée comme un moyen infaillible par lequel un médecin peut détecter un problème de santé chez un patient. Le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) publie une évaluation d’un nouveau test sanguin : le peptide natriurétique (PN). Ce dernier permet chez les patients courts d’haleine d’exclure une origine cardiaque. Le test ne convient pas pour un usage élargi chez des sujets sans plaintes (dépistage).

La plupart des maladies cardiaques et pulmonaires peuvent donner lieu à un essoufflement. Il n’est pas toujours évident pour le clinicien de déterminer la cause. Un diagnostic précis est important puisque ceci conditionne les examens complémentaires et le traitement requis. L’analyse des études cliniques disponibles a mis en lumière les circonstances précises dans lesquelles le test PN est réellement utile, c'est-à-dire quand un médecin doute de l’origine de l’essoufflement.

Le test PN est déjà utilisé (sans remboursement) dans certains hôpitaux pour évaluer l’effet du traitement chez des malades avec décompensation cardiaque connue. Cependant les évidences scientifiques actuelles sont insuffisantes.

Le KCE propose de rembourser le PN dans l’indication où ce test a montré son utilité, soit comme aide diagnostique dans les cas d’essoufflement de cause incertaine. Un test anormal ne signifie rien. Par contre un test normal exclut quasi certainement une décompensation cardiaque. Ceci permettra, par exemple aux services d’urgences, de ne pas faire d’examens techniques comme l’échocardiographie. Le KCE propose aussi de limiter la répétition de ce test coûteux. Le prix coûtant du test s’élève à trente euro.

Ce rapport est novateur car il formule des recommandations pour l’usage efficient du test PN avant même son possible remboursement. Jadis, il arrivait qu’un test sanguin soit introduit en routine sans évidences de sa valeur ajoutée. L’usage d’un test en dehors de son indication correcte comporte, en cas de faux positif (la personne n’a pas la maladie) ou de faux négatif (le test n’a pas détecté la maladie), des risques pour le patient.

Actuellement, le monde médical recommande de plus en plus de faire un usage plus réfléchi des tests sanguins, à savoir dans les cas où leur utilité pour le malade est avérée.

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