Les nouveaux traitements de la prostate sont-ils au point ?

  • Octobre 24, 2008

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a étudié l’utilisation de plusieurs nouvelles techniques, à savoir : les ultrasons (HIFU) dans le traitement du cancer et les lasers dans le traitement des augmentations du volume de la prostate.  Ces nouvelles techniques sont-elles aussi efficaces que les techniques classiques ? Entraînent-elles moins de risques et de complications ? Vu qu’il n’y a pas encore suffisamment de données disponibles, le KCE recommande de ne pas rembourser ces techniques pour le moment.

Cancer de la prostate
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme, mais ce n’est pas celui qui cause le plus de décès. Il  ne se classe qu’en troisième position des causes de mortalité par cancer en Belgique et le décès ne survient que relativement tardivement, le plus souvent après l'âge de 75 ans. Ce cancer est souvent découvert à un stade relativement précoce. Des traitements par chirurgie ou radiothérapie sont proposés aux patients dont l'espérance de vie dépasse dix ans. Ces deux modalités assurent un taux de survie excellent, mais peuvent entraîner des complications comme des troubles de l’érection, de l'incontinence et des troubles de la digestion. Afin de diminuer ces problèmes, quelques nouvelles techniques (comme l’HIFU) ont été mises au point.
L’HIFU permet de tuer les cellules cancéreuses en les chauffant avec des ondes émises à une haute fréquence. Ce traitement a été administré pendant les huit dernières années à environ 1% des nouveaux cas de ce cancer dans 4 hôpitaux belges. Le coût du traitement est en partie supporté par le patient et varie d'un hôpital à l'autre (de 0 à 3000 euros).

Le KCE conclut qu’il n’existe actuellement pas assez de données comparant les avantages et inconvénients du traitement par HIFU par rapport au traitement de référence. Sur base de ces informations, le KCE conseille de postposer le remboursement de cette thérapie jusqu’à ce que des données scientifiques plus abondantes soient disponibles. Par contre, en ce qui concerne les patients qui présentent une récidive après l'échec de la radiothérapie, l'HIFU est la seule alternative à l’hormonothérapie, laquelle a de nombreux effets secondaires et un coût élevé. Pour ce groupe restreint de patients, un remboursement de l'HIFU peut être recommandé.

Augmentation du volume de la prostate
Une augmentation bénigne de la taille de la prostate est observée chez environ 50% des hommes de 60 ans. Si cette augmentation ne provoque pas de symptômes, comme un jet faible ou interrompu, ou la nécessité de se lever fréquemment pour uriner, aucun traitement n'est requis. Dans les autres situations, plusieurs options sont envisageables, comme un traitement médicamenteux ou une opération. Pratiquée depuis la fin de la guerre,  la résection transurétrale de la prostate (TURP) est devenue le traitement chirurgical le plus investigué et le plus efficace pour l'augmentation de volume de la prostate. Il permet de diminuer ce volume en passant un petit bistouri par les voies urinaires. Toutefois, cette résection peut avoir des effets secondaires, par exemple : des saignements, des infections et des difficultés au moment de l’érection et de l’éjaculation, … C’est pourquoi  de nouvelles techniques utilisant les lasers comme le PVP et les lasers à holmium sont proposées aux urologues. En Belgique, cinq hôpitaux proposent actuellement la PVP en routine, ce qui représente environ 300 interventions PVP effectuées depuis 2004, soit moins de 1% des interventions. Les hôpitaux facturent d'ordinaire à l'INAMI une TURP traditionnelle. Le patient (ou son assurance privée) paie en sus le prix de la fibre (soit environ 1500 euros). À l'heure actuelle, le traitement au laser à holmium n'est pas proposé en Belgique.

Le KCE conclut également qu’il n’existe actuellement pas assez de données scientifiques relatives à la sécurité et à l’efficacité de ces deux techniques utilisant le laser. Ces techniques présentent aussi deux autres désavantages: leur coût d'investissement et l’apprentissage supplémentaire que les urologues doivent effectuer avant de réaliser les procédures en toute sécurité et efficacité. L’avantage de la résection endoscopique est qu’elle fait partie des procédures enseignées en routine à l’université et est de ce fait bien connue par les urologues. Le KCE recommande qu’une information claire sur les risques et les incertitudes soit fournie au patient dans le cas où un traitement de ce type est envisagé. La résection endoscopique devrait rester pour l'instant l'approche standard, et la décision de rembourser les techniques utilisant le laser devrait être reportée jusqu'à que l'on dispose de davantage de données scientifiques de bonne qualité. 

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