Les médicaments antiviraux en cas d'hépatite B chronique : surtout recommandés à un stade avancé de la maladie

  • Juin 14, 2011

Depuis plusieurs années, de nouveaux médicaments sont disponibles pour traiter l'hépatite B chronique. Le coût de ce traitement s’élève à environ 5 000 euros par patient et par an. Les décideurs ont demandé au Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) d’identifier quels groupes de patients sont susceptibles de bénéficier le plus de ce traitement, et à quel prix. Le KCE conclut que le bénéfice par euro dépensé est maximal lorsque le traitement est appliqué à un stade avancé de la maladie, à savoir le stade de la cirrhose du foie. Les calculs effectués par le KCE sont basés sur une étude originale de la progression et des coûts de la maladie, menée en collaboration avec un grand nombre d’hépatologues.

La progression de la maladie est difficile à prédire
L'hépatite B chronique est une inflammation durable du foie causée par le virus de l'hépatite B. Une personne infectée peut n’avoir que peu ou pas de symptômes durant de nombreuses années. Toutefois, à terme, elle risque de développer une cirrhose ou un cancer du foie. Il est actuellement difficile de déterminer chez qui et quand cela se produira.
En Belgique, environ 1 600 patients atteints d'hépatite B chronique sont suivis par un hépatologue. Parmi ces patients, 400 ont développé une cirrhose du foie. Environ la moitié des patients proviennent d'un pays non européen, où l'hépatite B est plus fréquente.

Les effets à long terme des traitements médicamenteux ne sont pas encore clairs
Ces dernières années, de nouveaux antiviraux (le ténofovir et l’entécavir) sont arrivés sur le marché. Ceux-ci sont intégralement remboursés par l'assurance maladie. Ils permettent de neutraliser le virus pendant plus longtemps que les médicaments précédents. On espère pouvoir ainsi diminuer le nombre de cas de cirrhose du foie. Par contre, on ne sait pas encore aujourd’hui si ces traitements diminuent aussi l’incidence du cancer du foie. De même, peu d’informations sont disponibles sur les effets secondaires à long terme. Le coût de ces traitements, qui sont souvent prescrits à vie, est estimé à environ 5 000 euros par patient et par an pour l'assurance maladie.

Un calcul des coûts et des bénéfices pour la santé, basé sur une étude originale
Les calculs effectués par le KCE proviennent d’une étude originale sur la progression de la maladie en fonction de l'âge, sur la qualité de vie et sur les coûts de la maladie, pour plus de 500 patients. Un grand nombre d’hépatologues ont collaboré à cette étude qui a permis au KCE de disposer de mesures plus précises que celles contenues dans des études antérieures basées sur des hypothèses et des chiffres différents.

Le suivi d'un grand groupe de patients à l’hôpital universitaire de Leuven ('Gasthuisberg') a permis pour la première fois de mettre en évidence que le risque de cirrhose du foie augmentait significativement avec l'âge du patient. Ainsi, un patient âgé de 30 ans atteint d’une hépatite B chronique est, sur base annuelle, moins susceptible de développer une cirrhose qu’un patient de 50 ans. En outre, aucun des patients présentant des taux d’enzymes hépatiques stables n’ont développé de cirrhose du foie au cours de la période de suivi d’une moyenne de 10 ans.

Les calculs des chercheurs ont montré que les bénéfices en termes d’amélioration de la santé, susceptibles d’être obtenus chez des patients à un stade précoce de la maladie, sont nettement moins importants par euro dépensé. Le traitement de patients atteints de cirrhose du foie est donc plus rentable que le traitement d’un patient à un stade plus précoce.
Aussi le KCE recommande de poursuivre les recherches sur des méthodes visant à identifier les patients ayant un risque élevé de développer une cirrhose du foie puisque ceux-ci sont susceptibles de retirer le plus grand bénéfice du traitement. Il est également nécessaire de poursuivre les recherches sur les effets à long terme du traitement antiviral sur la survenue de cancer du foie.

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