Les lits MIC (Maternal Intensive Care) ne sont pas utilisés de manière optimale

  • Novembre 21, 2008

Le Centre fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE), en collaboration avec un groupe d'étude universitaire (ULB, ULg, UGent, UZLeuven et KULeuven) et avec l'Agence Intermutualiste (AIM), a étudié l'efficacité de l'utilisation des deniers publics par les centres MIC (Maternal Intensive Care). À peine 40% des patientes à risques sont effectivement admises dans un centre MIC et les lits MIC sont souvent sous-utilisés. Cette situation s'explique surtout par le manque de clarté des directives en matière d'admission et de référence.

Depuis 1996, 17 des 106 maternités belges sont équipées de lits MIC et sont dotées d'un service de soins intensifs néonatals. Le nombre de lits MIC est indépendant de la taille de la maternité et varie entre 8 et 20 par maternité. Dans la pratique, ils ne constituent pas un service distinct mais donnent droit à un financement complémentaire qui permet de renforcer l'équipe avec des accoucheuses spécialisées dans les soins de grossesse à haut risque.

Les lits MIC sont conçus pour permettre l'observation intensive des patientes dont la grossesse est à haut risque, des femmes qui requièrent des soins hautement spécialisés après l'accouchement, ou dont le bébé nécessite des soins intensifs après la naissance. Pour éviter toute confusion avec les patientes des services de soins intensifs classiques, les chercheurs désignent ces patientes sous le vocable de 'patientes IC' ('Intermediate Care).

Le législateur n'a pas détaillé les indications justifiant l’admission dans un lit MIC. On observe dès lors de grandes variations entre les hôpitaux en termes de politique d'admission et de référence. De façon générale, 40% seulement des patientes IC sont effectivement admises dans un centre MIC. Dans certaines provinces, ce pourcentage est encore plus bas, à savoir de 15 à 18% dans les provinces de Namur, de Flandre occidentale et du Luxembourg. Quatre-vingts pour cent des grands prématurés voient le jour dans un centre MIC, mais ce pourcentage global cache de grandes différences géographiques. Dans certaines provinces, cette proportion est nettement moindre: 65% en Flandre occidentale, dans le Hainaut et dans le Luxembourg, et même 50% dans la province de Namur. Le nombre de transferts de patientes de maternités sans lits MIC vers une maternité possédant des lits MIC est relativement faible, sauf dans le cas des centres MIC universitaires.

Outre l'absence de directives claires quant aux modalités de référence des patientes, on observe aussi une répartition géographique inégale des services MIC. Ces services sont essentiellement disponibles dans les grandes agglomérations. Or les patientes à risques qui ne sont pas référées par leur médecin vers un centre MIC accouchent près de leur domicile. Cette situation peut être dangereuse, car les problèmes qui surviennent lors de l'accouchement et dans les heures qui suivent sont généralement urgents.

Les lits MIC sont globalement sous-employés, même si leur taux d'occupation varie considérablement d'un centre à l'autre. Les centres MIC traitent toutefois davantage de naissances prématurées, de naissances d'enfants morts nés et de naissances multiples. À Bruxelles, dans le Brabant Flamand et dans les deux Flandres, les patientes sont plus souvent issues des groupes sociaux défavorisés.

Le KCE recommande la publication d’indications et de directives claires à l'intention des généralistes, des gynécologues et des centres de référence de troisième ligne. Ces directives doivent détailler de façon précise les cas dans lesquels les patientes doivent être référées à un centre MIC. Par ailleurs, les centres MIC devraient veiller à un meilleur enregistrement de leurs patientes, afin de permettre le contrôle du respect des directives. Pour garantir le transfert des patientes à risques vers les centres MIC, il convient de mettre en place un système de pénalités et d'incitants financiers pour les hôpitaux. Le nombre de lits MIC devrait par ailleurs être analysé sur base d’une étude qualitative et adapté aux besoins réels. Enfin, le KCE recommande de revoir la distribution géographique des centres MIC, de manière à ce que toutes les femmes enceintes aient à peu près la même distance à parcourir pour atteindre un centre MIC.

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