Le vaccin HPV offre une protection partielle contre le cancer du col de l’utérus ; le dépistage reste néanmoins crucial

  • Octobre 17, 2007

Le cancer du col de l’utérus est causé par un virus, le papillomavirus humain (HPV). Deux vaccins contre ce virus sont disponibles actuellement. Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a examiné l’efficacité et le rapport coût-efficacité de ces vaccins, ainsi que leur impact sur le budget de l’assurance maladie. Le KCE considère que ces vaccins protègent efficacement contre certains types du virus HPV et que, selon les estimations, jusqu’à 50% des cancers du col de l’utérus pourraient être évités. Le dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis vaginal reste toutefois indispensable, même après vaccination. Une réduction de la couverture du dépistage pourrait en effet anéantir les effets positifs de la vaccination. L’introduction combinée d’un registre de vaccination et de dépistage est donc recommandée.

Grâce au dépistage, le nombre de cas de cancers du col de l’utérus en Belgique a fortement diminué, même si dans notre pays ce dépistage n’est pas organisé de manière optimale. Chez nous, le diagnostic d’un cancer du col de l’utérus est posé chez près de 600 femmes chaque année, et plus d’un tiers de ces femmes en décèderont. Le cancer du col de l’utérus est causé par un virus assez commun, le papillomavirus humain (HPV). La plupart du temps, l’infection par le HPV guérit spontanément. Dans de rares cas l’infection devient chronique et peut alors engendrer, des années plus tard, un cancer du col de l’utérus. L’infection et le cancer qui en résulte pourraient dès lors en théorie être évités grâce à un vaccin. Deux vaccins contre le HPV sont actuellement disponibles en Belgique. L’un d’entre eux (Gardasil) sera bientôt quasi intégralement remboursé par l’assurance maladie ; l’autre (Cervarix) n’est disponible sur le marché belge que depuis le 1er octobre 2007.

L’étude KCE fait ressortir que tant l’efficacité du vaccin HPV que son rapport coût-efficacité sont fortement liés à certaines conditions. Le vaccin ne protège pas contre toutes les souches de HPV qui provoquent le cancer du col de l’utérus. La proportion totale de cancers du col de l’utérus qui pourrait être évitée par la vaccination est inconnue. Cependant, on sait que après la vaccination de femmes n’ayant jamais été infectées par le virus, une diminution de seulement 46% des lésions précancéreuses a été constatée.

La première condition est donc de maintenir le dépistage : une diminution de la couverture du dépistage suffirait à annihiler tous les bénéfices de la vaccination.

La deuxième condition est que le vaccin soit administré avant transmission du virus par voie sexuelle. La vaccination contre le HPV chez les femmes infectées n'a de fait aucune efficacité. Ceci implique de vacciner avant les premiers rapports sexuels.

La troisième condition est que le vaccin offre une protection suffisamment longue. Cette protection a été démontrée jusqu’à 5 ans après la vaccination mais des observations sur des périodes plus longues ne sont pas disponibles. Dans l’hypothèse d’une immunité à vie, il est prouvé que 50% des cancers du col de l’utérus pourraient être évités à terme et le coût pas année de vie gagnée (ajusté pour la qualité de vie) a été estimé à 14 000 euros. Par contre, si la durée de protection du vaccin est plus courte, le KCE ne prévoit qu’une diminution de 20% du nombre de cancers du col de l’utérus (même en cas de vaccination de rappel après 10 ans). Dans ce cas, le coût pas année de vie gagnée (ajusté pour la qualité de vie) a été estimé à 33 000 euros.

Le budget d’un programme de vaccination de routine de l’ensemble des jeunes filles de 12 ans a été estimé par le KCE à €24 millions par an. Une partie de cet investissement pourrait être récupérée si le dépistage actuel du cancer du col de l’utérus (estimé à 50 millions d'euros par an) était mieux ciblé. Le KCE recommande l’introduction combinée d’un registre de la vaccination et du dépistage, couplé aux données du registre du cancer.

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