Le repos aggrave le mal de dos chronique

  • Janvier 17, 2007

L’exercice et une reprise rapide des activités sont souvent le meilleur moyen de se faire quitte d’un mal de dos. Telle est la principale conclusion d'une étude récente du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) qui recommande dès lors de ne pas multiplier les traitements inutiles et souligne le rôle primordial des médecins du travail et des médecins conseils.

Sept Belges sur dix font la douloureuse expérience d’un mal de dos au cours de leur existence. Heureusement, chez la majorité des personnes, la douleur disparaît spontanément endéans les six semaines. Chez d’autres par contre la douleur s'installe ou revient épisodiquement. On parle alors de « lombalgie chronique »: une plaie pour le patient, un casse-tête pour le médecin et un gouffre budgétaire pour l'assurance maladie.
Le KCE, en collaboration avec l’UCL, l’ULG et le service hospitalier « Oost Limburg », s’est penché sur les conséquences budgétaires et sociétales de cette affection. Il analyse les données scientifiques relatives à l’efficacité des différents tests et traitements.

Les coûts médicaux liés au mal de dos chronique s’élèvent au minimum à 83.8 millions € par an. Ces frais couvrent principalement les nombreux tests, la kinésithérapie, les injections et les opérations. Ces dépenses médicales ne sont que la pointe de l'iceberg: elles ne représenteraient que 10 à 30% de l'ensemble des coûts. L’employeur est fréquemment la principale victime : parmi les incapacités de travail de plus d’un mois, une sur dix est causée par un mal de dos. Cette plainte survient plus fréquemment chez les hommes travaillant dans les secteurs du nettoyage, de la construction et de l’alimentation. Par ailleurs, plus de 6% des accidents du travail entraînent un mal de dos avec une incapacité de travail dans près de trois quarts des situations. Une estimation prudente du coût global minimum pour notre société oscille dès lors entre 270 millions et 1.6 milliard € par an.

Existe-t-il des solutions médicales ?
Le rapport du KCE a analysé les données scientifiques relatives aux nombreux tests et traitements proposés. Il n’y a généralement aucun intérêt à soumettre le patient à une multitude d’examens tels des tests de laboratoire, des radiographies ou des scanners. Ceux-ci peuvent faire plus de tort que de bien. Ils peuvent être utiles uniquement lorsqu’un médecin constate des symptômes spécifiques qui peuvent indiquer une affection sérieuse sous-jacente.

Le KCE conclut que les injections et les opérations doivent être évitées dans la mesure du possible. Leur utilité n’est pas encore démontrée. Elles doivent être réservées à des cas soigneusement sélectionnés, pour lesquels aucun autre traitement n’a pu aider. Ces interventions sont pourtant fréquentes en Belgique.

La principale conclusion est qu’une prise en charge médicale appropriée comprenant des exercices, un programme multidisciplinaire et une reprise aussi rapide que possible des activités quotidiennes – même en présence de douleur résiduelle - a le plus de chances de succès. Eventuellement, les conditions de travail seront temporairement adaptées. Suivant le rapport du KCE, les patients souffrant de mal de dos évolueront plus souvent vers un mal de dos chronique s’ils restent inactifs ou ne reçoivent pas dès le départ le traitement adéquat.

Le rapport du KCE souligne que le médecin du travail et le médecin conseil doivent jouer un rôle beaucoup plus actif dans l’information et la prévention de la lombalgie, de même que dans l’accompagnement lors de la reprise du travail. Ces actions seront réalisées en collaboration étroite avec le médecin traitant.

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