Le médecin est plus performant que les machines : de l'importance d'une bonne évaluation du risque lié à une intervention chirurgicale

  • Octobre 21, 2005

Une intervention chirurgicale n'est jamais une mince affaire même au XXIème siècle, puisque le corps du patient est agressé, ou même largement "ouvert". Les grands progrès de la médecine ont apporté d'importantes améliorations de la sécurité des interventions, mais un faible risque persiste. Les chirurgiens et les anesthésistes veillent bien sûr à réduire ce risque au maximum. Les progrès techniques réalisés en médecine peuvent faire croire qu'une batterie de tests (électrocardiogramme, radio de thorax, biologie etc.), effectués systématiquement, sont la meilleure manière d'évaluer ce risque.

Il n'en est pas ainsi ; le médecin est plus performant que les machines. Le récent rapport du Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé, consacré à l'évaluation des risques préopératoires, souligne au contraire l'importance de l'interrogatoire et de l'examen du patient par le médecin. Des études scientifiques ont montré que les tests techniques pratiqués aux adultes avant les opérations courantes, n'apportent pas grand-chose. Ces tests étaient réalisés systématiquement mais ne débouchaient sur rien de concret pour le patient. Prenons l'exemple des patients essoufflés quand ils font un effort. Pour eux, l'électrocardiogramme sera très vraisemblablement normal, alors que quelques questions suffisent à mettre le problème en évidence. Dès lors l'anesthésiste sait ce qu'il a à faire.

Une bonne évaluation du risque opératoire pour un adulte devant subir une opération courante, commence par un entretien avec le patient afin de poser les questions judicieuses et de faire un examen clinique soigneux. C'est au moment de la découverte d'un symptôme que les examens complémentaires se révèlent nécessaires.

Un relevé des examens préopératoires réalisés en 2003 sera bientôt envoyé à tous les hôpitaux et médecins. Celui-ci pourrait être l'occasion d'une rediscussion de la prescription routinière de certains examens. Mais il est également souhaitable que les patients eux-mêmes réapprennent à faire confiance à l'homme plutôt qu'aux machines !

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