L’orthodontie chez les jeunes : parfois pour des raisons médicales, souvent pour l’esthétique

  • Avril 7, 2008

Quatre jeunes sur dix portent un appareil dentaire en Belgique. Dans une étude menée en collaboration avec l’Hôpital universitaire de Leuven (UZ Leuven/K.U.Leuven), le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) arrive à la conclusion que ces traitements ne sont pas toujours médicalement fondés. Les risques liés à l’orthodontie sont limités. Un traitement coûte en moyenne 1000 EUR au patient, soit 50% du coût total. L’autre moitié est prise en charge par l’assurance-maladie obligatoire et par les assurances complémentaires. En matière de remboursement, l’assurance-maladie ne fait actuellement pas la distinction entre les anomalies légères (esthétiques), modérées ou sévères. Le KCE recommande un remboursement adapté en fonction de la sévérité de l’anomalie dentaire avec un meilleur remboursement en cas de troubles sérieux.

Besoin médical
L’orthodontie est une discipline qui prend de l’importance au sein de la dentisterie. Mais un appareil dentaire est-il toujours vraiment nécessaire médicalement parlant ? Les études scientifiques disponibles indiquent que l’absence de correction d’une dentition irrégulière n’a que rarement des conséquences médicales dommageables. Quand l’orthodontie est elle dès lors médicalement justifiée ? Il y a tout d’abord les affections congénitales, comme la fente palatine ou la fissure labiale, ou l’absence congénitale de plusieurs dents. L’orthodontie est recommandée également lorsqu’il existe des anomalies sévères comme des incisives supérieures qui partent fortement en avant. En effet, en cas de chute, elles risquent de s’abîmer plus fort. Ou encore en cas de malocclusion sévère qui entraîne des blessures du palais ou des gencives. De même, le traitement orthodontique de dents incluses peut prévenir la dégradation de racines dentaires contiguës.

Une dentition irrégulière ne conduit pas à l’apparition de plus de caries. Aucune étude à ce jour n’indique qu’une dentition irrégulière puisse conduire à des difficultés de diction ou de mastication, à des problèmes d’articulation mandibulaire, à des douleurs à la mâchoire ou à des maux de tête. Ces problèmes devraient être mieux documentés. Une dentition irrégulière est-elle à l’origine de troubles psychologiques chez le jeune ? Les études scientifiques donnent des résultats divergents. Une seule étude a montré que l’absence d’une belle dentition influence quelque peu l’estime de soi chez l’adulte.

Risques
Les risques ou inconvénients liés à un traitement orthodontique sont minimes : le port d’un appareil ne mène pas à plus de caries, d’allergies au nickel ou de problèmes d’articulation mandibulaire. Le seul risque avéré est celui de lésions à la racine dentaire. Celles-ci surviennent dans 11 à 28% des cas, mais les données scientifiques manquent pour évaluer les conséquences à long terme. Une hygiène dentaire insuffisante peut entraîner une décalcification locale de l’émail. Un rinçage régulier avec de l’eau fluorée permet de prévenir l’apparition de tâches brunes ou blanches.

40 % des enfants
Quarante pour cent des enfants belges reçoivent un traitement orthodontique qui dure le plus souvent environ 2 ans. L’âge de début de traitement se situe entre 10 et 14 ans. La proportion d’enfants traités s’élève à 46% au nord du pays, à 32% au sud et à 30% en région bruxelloise. Environ 64% des traitements sont entre les mains d’un orthodontiste, les autres sont réalisés par des dentistes généralistes.

Le coût
Le coût total situe souvent au-delà de 2000 EUR. L’INAMI rembourse environ 30% de ce montant si la demande est introduite avant le 15ème anniversaire de l’enfant. Les organismes assureurs interviennent en outre pour près de 20% via l’assurance complémentaire. Le jeune patient, ou plus exactement ses parents, doit donc débourser environ 50%, soit un peu plus de 1000 EUR. La plupart des dentistes et orthodontistes ne sont pas conventionnés et déterminent dès lors librement leurs tarifs. Le KCE recommande que chaque traitement fasse l’objet d’une offre écrite préalable.

Le budget annuel de l’INAMI pour l’orthodontie s’élève à environ 31 millions d’euros, ce qui représente 6% des dépenses totales de dentisterie. En matière de remboursement, l’assurance-maladie ne fait pas de distinction entre les anomalies légères (esthétiques), modérées ou sévères et ne tient pas compte des affections médicales sous-jacentes. Le KCE recommande de moduler le remboursement, comme dans d’autres pays européens, en fonction d’une échelle qui mesure le niveau de sévérité des troubles, avec un taux de remboursement moindre pour les altérations mineures et plus important pour les troubles sérieux.

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