L’Herceptin aux stades précoces du cancer du sein : Une révolution qui a son prix

  • Juin 22, 2006

Le KCE a mené une analyse de coût-efficacité et d’impact budgétaire consacrée à l’Herceptin dans le traitement du cancer du sein aux stades précoces. Ceci constitue une avancée thérapeutique pour 500 à 860 malades par an. L’addition peut grimper à 36 millions d’euro par an. Le KCE s’étonne qu’il n’y ait aucune comparaison avec un traitement beaucoup plus court et si possible plus sûr.

Le cancer du sein est la forme de cancer la plus fréquente chez la femme avec 9600 nouveaux cas chaque année en Belgique.

L’Herceptin est un médicament qui était jusqu’ici uniquement prescrit dans les formes disséminées de cancer du sein. En octobre 2005, des publications scientifiques ont montré que l’Herceptin était aussi active aux stades précoces de la maladie. L’Herceptin n’agit qu’auprès d’une minorité des femmes avec cancer du sein, celles qui ont un cancer du sein HER2 positif. C’est le cas pour moins de 14% des tumeurs en Belgique. HER2 est une protéine peut être présente à la surface des cellules cancéreuses. L’Agence européenne du médicament a récemment approuvé un traitement d’un an par Herceptin pour les stades précoces de la maladie.

À partir de tous les résultats disponibles, le KCE a mené une analyse de coût-efficacité. Pour beaucoup de femmes qui ont une bonne fonction cardiaque et un cancer du sein localisé,  l’Herceptin est coût-efficace. Ceci signifie que le coût du produit est acceptable par rapport au gain de santé pour la malade. Une année de traitement coûte environ 40 000 euros par malade. Le KCE a calculé que de 500 à 860 femmes satisfont aux critères d’un traitement de 52 semaines, ce qui se traduit par un budget annuel de 20 à 36 millions d’euros.

Le traitement par Herceptin commence après la chimiothérapie et dure un an pendant lequel la malade reçoit toutes les 3 semaines une perfusion d’Herceptin. Le KCE signale que les patientes qui présentent une fonction cardiaque réduite courent un risque augmenté de décompensation cardiaque sévère lié aux effets secondaires de l’Herceptin et ne tirent pas de bénéfice de ce traitement d’un an. De 100 à 150 patientes par an se trouvent dans cette situation. Pour ces malades, il y a peut-être aussi une bonne nouvelle en perspective. Une plus petite étude publiée récemment rapporte un excellent effet sans effet secondaire pour le cœur. L’Herceptin était donnée pendant les 9 premières semaines de la chimiothérapie.

Dans l’intérêt individuel des patients et de la Sécurité Sociale, le KCE demande instamment une étude comparative de ces deux traitements efficaces.

AUTRES LIENS
Personne de contact
Karin Rondia (FR)
+32 (0)2 287 33 48
+32 (0)475 769 766
RAPPORT ANNUEL