IMRT, une nouvelle forme de radiothérapie contre le cancer : moins d’effets secondaires mais des résultats incertains à plus long terme

  • Juillet 26, 2007

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a évalué l’efficacité clinique et le coût de la radiothérapie avec modulation d’intensité (IMRT) dans le traitement des cancer de la tête et du cou, du cancer de la prostate et du cancer du sein. Cette technique complexe permet d’irradier la tumeur avec une plus grande précision, ce qui s’avère essentiel quand des organes sensibles aux radiations se trouvent à proximité de la tumeur. Qu’ils soient positifs ou négatifs, les effets de l’IMRT sont mal connus sur le long terme. Son rapport coût-efficacité est indéterminé. La seule chose certaine est que cette technique représente un coût annuel supplémentaire pouvant atteindre les 20 millions d’euros.

L’IMRT, développée il y a une dizaine d’années, est une technique de plus en plus répandue. Il s’agit d’une forme de radiothérapie externe permettant de cibler plus précisément la tumeur et d’ainsi mieux préserver les tissus sains avoisinants. Cette technique permet d’augmenter la dose d’irradiation de la tumeur tout en réduisant les séquelles causées par l’irradiation des organes avoisinants. Par exemple, les glandes salivaires reçoivent ainsi moins d’irradiation durant le traitement des cancers de la tête et du cou, ce qui limite la sècheresse de la bouche. Le rectum est épargné dans le traitement du cancer de la prostate, ce qui réduit le risque de saignements intestinaux. Lors du traitement du cancer du sein, le risque d’irritation de la peau diminue chez une partie des patients.

Les effets de l’IMRT à plus long terme sont encore mal connus. Comme la dose d’irradiation totale est plus élevée dans le cas de l’IMRT que dans le cas de la radiothérapie classique, le risque de voir apparaître de nouvelles tumeurs suite à l’irradiation est théoriquement plus élevé, en particulier chez les enfants et les personnes jeunes. Les utilisateurs et les fabricants de cette technologie doivent en être conscients. Un effort constant dans l’amélioration de l’appareillage est indispensable pour limiter ce risque.

En Belgique, 30 000 patients cancéreux sont irradiés annuellement. L’an dernier, 2 200 d’entre eux ont été traités par IMRT et ce nombre va sensiblement augmenter dans le futur. Actuellement la moitié des 24 centres belges de radiothérapie pratique l’IMRT. Dans le cas des cancers de la tête et du cou, le traitement par IMRT est très complexe. C’est pourquoi le KCE recommande sa concentration dans un petit nombre de centres participant activement à la recherche scientifique en IMRT.

Il est nécessaire de disposer de données comparatives à long terme sur les patients traités par IMRT. Ce n’est qu’en disposant de ce type de données, que l’on peut déterminer l’avantage en terme de survie que l’IMRT pourrait offrir par rapport à la radiothérapie classique.

Quant au rapport coût-efficacité de l’IMRT, les données disponibles sont insuffisantes. En revanche, le KCE a calculé le budget supplémentaire nécessaire pour traiter par IMRT les patients atteints de cancers de la tête et du cou, ceux atteints du cancer de la prostate et ceux atteints du cancer du sein. Ce supplément pourrait atteindre 20 millions d’euros par an, à charge de l’INAMI.

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