Hépatite B chronique : les nouveaux traitements antiviraux tiennent-ils leur promesse?

  • Avril 7, 2010

En collaboration avec des médecins spécialistes des maladies du foie, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a réalisé une étude sur l’évolution et les possibilités de traitement de l’hépatite B chronique. Ces dernières années, de nouveaux antiviraux ont fait leur apparition sur le marché et sont remboursés depuis peu. Souvent, ces traitements doivent être pris à vie. Leur but est d’empêcher le développement de complications à long terme, tels la cirrhose ou le cancer du foie. L’efficacité et la sécurité de ces traitements ont été démontrées à court terme, mais pas encore en cas de prise prolongée. En l’absence de telles données de long terme, il est actuellement difficile d’évaluer le rapport entre le coût des ces traitements et leurs bénéfices en terme de santé, bénéfices non encore démontrés.

L’hépatite B chronique est une infection persistante du foie par le virus de l’hépatite B. La plupart du temps cette infection ne provoque aucun symptôme. Dans certains cas cependant, cette infection peut entrainer d’importantes complications, tels la cirrhose ou le cancer du foie, qui ne se manifestent bien souvent que des dizaines d’années après l’infection. La vaccination est préventive contre l’infection mais ne permet pas de la guérir.

En Belgique, l’infection se transmet d’ordinaire tant chez les jeunes que chez les adultes, par les relations sexuelles ou les pratiques de piercing et de tatouage. Moins de 10% des infections évoluent vers la chronicité. Mais dans certaines régions en Asie du Sud et en Afrique sub-saharienne, où le virus de l'hépatite B est encore très fréquent, l'infection se produit généralement pendant ou peu après la naissance et elle y évolue fréquemment vers la chronicité.

Le KCE a estimé qu’en Belgique, pour l’année 2009, quelque 3000 patients ont bénéficié d’une aide médicale spécialisée pour une infection chronique par le virus de l’hépatite B ou une complication. Près de la moitié de ces patients souffrent d’une inflammation hépatique et sont traités à l’aide d’antiviraux. Environ 200 ont subi une transplantation du foie.

Les dernières années, de nouveaux antiviraux on fait leur apparition sur le marché et sont remboursés depuis peu. Souvent, ces traitements doivent être pris à vie par les patients atteints d’une inflammation du foie. Les antiviraux inhibent la réplication du virus, et par conséquent il est probable qu’ils puissent empêcher le développement des cirrhoses et cancers du foie. Cependant, la mesure dans laquelle les complications diminuent en réalité est inconnue à ce stade et on manque aussi d’informations sur les éventuels effets indésirables d’un traitement à long terme. Dès lors, les critères de remboursement des nouveaux antiviraux devraient être revus dès que de nouvelles données à long-terme seront disponibles.

Le KCE a procédé à l’évaluation critique de récentes publications scientifiques au sujet du rapport coût-efficacité des nouveaux antiviraux. Toutes ces études ont été sponsorisées par l’industrie pharmaceutique et se fondent bien souvent sur des hypothèses peu réalistes.

Les traitements antiviraux augmentent-ils la qualité de vie des patients ? Les postulats posés en ce sens par les publications évaluées n’ont pu être confirmés par les résultats de l’enquête menée par le KCE auprès de plus de 500 patients.

Une analyse la plus réaliste possible du rapport coût-efficacité des nouveaux traitements antiviraux ainsi que de leur coût global pour l’assurance maladie feront l’objet d’un second rapport du KCE.

Le texte intégral de ces recommandations est disponible sur le site internet du KCE : http://kce.fgov.be (rubrique « publications ») sous la référence KCE reports vol. 127B.

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