Faut-il vacciner les enfants contre la grippe ?

  • Juillet 12, 2013
Faut-il vacciner les enfants contre la grippe ?

Le Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE) a évalué différentes stratégies de vaccination antigrippale afin de déterminer celles qui génèreraient les plus grands bénéfices en termes de santé par euro dépensé. Des chercheurs de l'Université d'Anvers et de l'Université d’Hasselt ont modélisé plus de 5600 scénarios potentiels de vaccination. La vaccination universelle des enfants contre la grippe pourrait présenter un rapport coût-efficacité comparable à celui d’autres vaccins récemment introduits dans le calendrier vaccinal des enfants, pour autant que le coût de la vaccination puisse être réduit d’au moins 25%. Une telle diminution de coût pourrait être obtenue en administrant le vaccin par les services de santé scolaire ou par l’ONE, et en réduisant le prix des vaccins. Une augmentation de la vaccination des adultes de plus de 50 ans réduirait de manière significative le nombre d'hospitalisations et de décès liés à la grippe, mais entraînerait un coût élevé étant donné qu’il s’agit d’un très grand groupe.

Il est difficile de se l’imaginer au beau milieu de l'été, mais d’ici quelques mois la grippe saisonnière frappera de nouveau à nos portes. Chaque année, un Belge sur 10 est infecté par le virus de la grippe. Chez les sujets en bonne santé, la grippe ne provoque généralement que les symptômes bien connus, fièvre, douleurs musculaires et infections respiratoires, qui disparaitront spontanément après une petite semaine. Mais la grippe peut aussi être source de complications graves, comme la pneumonie, parmi les groupes plus vulnérables, tels les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant de maladies chroniques.

La vaccination est l'un des moyens les plus efficaces pour protéger les gens contre la grippe. Cependant les vaccins antigrippaux étant encore produits principalement à partir d’œufs, il n'est pas possible d'augmenter aisément la production et le nombre de doses disponibles au niveau national est donc limité. Face à ce risque de pénurie des choix doivent être opérés. La Conférence interministérielle Santé publique a chargé le KCE d'entreprendre une étude pour déterminer quelles stratégies vaccinales génèreraient le plus de bénéfices en termes de santé par euro dépensé. Pour ce faire, les chercheurs de l'Université d'Anvers et de l'Université de Hasselt ont modélisé plus de 5600 scénarios de vaccination différents.

La vaccination des groupes à risque actuels : bon rapport coût-efficacité

Les chercheurs ont démontré le bon rapport coût-efficacité de l'augmentation de la vaccination des groupes à risque actuels, telle que recommandée par le Conseil Supérieur de la Santé. Ces groupes incluent les personnes de plus de 65 ans, les personnes souffrant d’affections chroniques sous-jacentes (entre autres les affections des poumons, du cœur, du foie, des reins, le diabète, les troubles neuromusculaires ou immunitaires), ainsi que les femmes enceintes. La vaccination du personnel soignant s'avère aussi coût-efficace.

La vaccination des enfants

Depuis quelques années, l’élargissement de la vaccination annuelle contre la grippe saisonnière aux enfants suscite un intérêt croissant. La vaccination des enfants, non seulement protégerait ces derniers contre la maladie, mais pourrait également protéger les adultes avec lesquels ils sont en contact, en diminuant la transmission du virus dans la population générale.

Aux États-Unis, la vaccination des enfants de plus de 6 mois est recommandée depuis 2004. Le Royaume-Uni a récemment pris la décision de vacciner graduellement les enfants âgés de 2 à 17 ans via les écoles lors des prochaines saisons grippales. D’autres pays européens, tels l'Autriche, la Finlande, l'Estonie et la Slovénie, recommandent la vaccination antigrippale chez les moins de 18 ans.  

La vaccination des enfants n’est coût-efficace que si les coûts diminuent d'un quart

La vaccination universelle des enfants contre la grippe ne permet pas de protéger de manière suffisante les adultes (y compris ceux à risque). Elle ne peut dès lors pas remplacer la vaccination des adultes. En soi, la vaccination universelle des enfants pourrait être aussi coût-efficace que d’autres vaccins récemment évalués par le KCE et introduits dans le calendrier vaccinal, pour autant que le coût de la vaccination puisse être réduit d’au moins 25%. Une telle diminution de coût pourrait être obtenue en administrant le vaccin par les services de santé scolaire ou par l’ONE, et en réduisant le prix des vaccins.

Augmentation de la vaccination des personnes de plus de 50 ans combinée à la diminution de la vaccination chez les jeunes adultes en bonne santé

Une augmentation de la couverture vaccinale de tous les adultes de plus de 50 ans réduirait de manière significative le nombre d'hospitalisations et de décès dus à la grippe, mais entraînerait un coût élevé étant donné qu’il s’agit d’un très grand groupe. Ce coût élevé pourrait toutefois être compensé par une diminution correspondante de la vaccination des adultes en bonne santé entre 18-49 ans.

Les conclusions de cette étude s'appliquent également à la nouvelle génération de vaccins (quadrivalents) attendus prochainement.

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