Événements indésirables au cours de séjours hospitaliers : données administratives trop peu précises

  • Novembre 17, 2008

Pour diminuer le nombre de complications ou événements indésirables engendrés par les soins donnés au cours de séjours hospitaliers, il faut tout d’abord pouvoir les identifier. Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), en collaboration avec le CHU de Liège et la KULeuven, a mis en évidence que les données administratives encodées lors de chaque admission hospitalière si elles ne sont pas encore suffisamment précises pour détecter de tels événements, ouvrent néanmoins des voies de réflexion intéressantes pour l’amélioration des soins prodigués aux patients.

Des complications peuvent survenir durant un séjour hospitalier. Lorsque celles-ci sont causées par la manière dont les soins sont organisés plutôt que par la maladie du patient, on parlera généralement en anglais d’« adverse events » (AE). Des exemples bien connus de telles complications sont les escarres, les infections de plaies postopératoires, les embolies pulmonaires ou les états septiques postopératoires. Un AE peut entraîner une prolongation du séjour hospitalier mais aussi une invalidité ou même un décès. Les études internationales évaluent entre 3 et 17% la proportion des patients hospitalisés qui subissent un AE. Dans l’étude menée par le KCE, on peut constater que près de ¾ des AE relevés sont évitables. Ceci suggère que de nombreuses actions peuvent encore être entreprises pour améliorer la qualité des soins.

Cependant, pour améliorer les processus de soins et ainsi arriver à diminuer le nombre d’AE, il faut d’abord avoir une idée de l’endroit et de la manière dont ces événements se produisent. Vérifier à cet effet tous les dossiers médicaux de manière systématique et rigoureuse prendrait trop de temps. Une alternative intéressante serait de pouvoir utiliser les banques de données administratives qui sont immédiatement disponibles. Si c’était le cas, une première étape de démarche qualité pourrait être rapidement franchie dans les hôpitaux.

Le KCE a donc étudié le caractère utilisable des données administratives relatives aux admissions hospitalières pour détecter les AE, une primeur en Belgique. Malheureusement, il semble que ces données ne soient pas à l’heure actuelle encore suffisamment précises : ainsi par exemple elles ne font pas de distinction claire entre un AE qui résulte des soins donnés pendant le séjour hospitalier et un AE dû à des causes déjà présentes à l’admission. De plus, il n’est pas toujours aisé de savoir si on a à faire à un AE ou à une complication causée par la maladie du patient.

Le KCE recommande dès lors un enregistrement plus précis et plus complet des AE grâce à une extraction plus systématique de l’ensemble des données du dossier du patient. De plus, des recherches devraient être lancées sur la prévalence des AE en Belgique car on dispose actuellement de trop peu de données à ce sujet.

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