Dis moi où tu habites et je te dirai quelle chance tu as de te faire opérer

  • Octobre 20, 2006

Une nouvelle étude du KCE démontre qu’il reste en Belgique de grandes disparités géographiques quant au recours à certains types de chirurgie programmée. Le lieu de résidence détermine donc dans une certaine mesure la probabilité de se faire opérer. L’ampleur et la localisation de ces disparités sont très variables suivant la pathologie.

La chirurgie élective regroupe les interventions qui peuvent être programmées calmement sans danger immédiat pour la santé du patient. Naïvement, on pourrait s’attendre à ce que cette caractéristique contribue à des décisions d’interventions mûrement réfléchies et donc à peu de disparités entre les pratiques.

Et pourtant on découvre qu’en Belgique, comme on l’a déjà montré pour d’autres pays, le lieu de résidence du patient influence nettement la probabilité de subir une certaine intervention.

Ceci est le résultat principal d’une étude récente du KCE, dont le but était d’étudier en profondeur la variabilité géographique des taux de recours, l’impact de certaines variables de demande et d’offre de soins, ainsi que le lien éventuel avec l’opportunité médicale des soins donnés, et ceci pour 8 interventions spécifiques : la cataracte (environ 75 000 cas en 2002), le syndrome du canal carpien, une opération courante à la main (environ 23 000 cas en 2002), l’arthroscopie du genou (environ 50 000 cas en 2002), la prothèse totale de genou (environ 12 000 cas en 2002), la prothèse totale de hanche (environ 20 000 cas en 2002), l’hystérectomie, ablation de la matrice (environ 17 000 cas en 2002), la césarienne (environ 19 000 cas en 2002) et la rétrécissement (sténose) de l’artère carotidienne (environ 4000 cas en 2002).

Globalement, pour les 8 interventions étudiées, on observe 27% de croissance de 1997 à 2002, soit une augmentation moyenne annuelle de 5%. L’ampleur et la localisation des taux d’incidence sont très variables suivant la pathologie. Les interventions qui varient le plus sont la sténose carotidienne (l’écart le plus élevé par rapport à la référence nationale est de 72% pour un arrondissement), et l’arthroscopie du genou (l’écart le plus élevé est de 53% pour un arrondissement). À l’inverse, les interventions qui varient le moins sont l’hystérectomie et la cataracte.

Mis à part la prothèse totale de hanche et la prothèse totale de genou, qui présentent un profil géographique fort similaire, la cartographie des disparités est très différente d’une pathologie à l’autre, même au sein de la même discipline. Les variations au sein d’une région sont souvent aussi importantes que les écarts entre les régions. On peut toutefois dégager certaines tendances : la cataracte se pratique plus à l’Est de la Belgique ; les prothèses de genou et de hanche à l’Ouest, l’arthroscopie du genou et l’hystérectomie au Nord, la césarienne, la sténose carotidienne et la libération du canal carpien au Sud.

Les caractéristiques démographiques, socio-économiques ainsi que le volume d’offre de soins,  expliquent peu cette disparité. Ceci débouche inévitablement sur un questionnement concernant l’opportunité des soins. Pour l’arthroscopie du genou et l’hystérectomie, cette étude a pu mettre en valeur une association entre « trop de soins donnés » et des « soins médicalement inopportuns ». Une collaboration de fond avec les acteurs de terrain pour chaque domaine spécifique est dès lors nécessaire, afin d’arriver à instaurer des mesures qui visent à diminuer ces différences non justifiées.

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