Des clés pour comprendre le choix du type de revalidation en Belgique

  • septembre 26, 2008

Le Centre fédéral d’expertise en soins de santé (KCE) a étudié, en collaboration avec l’Agence Intermutualiste, l’organisation et la consommation des soins de revalidation en Belgique. La revalidation est organisée de manière particulière dans notre pays, qui offre le choix entre kinésithérapie et médecine physique et de réadaptation. Dès lors, deux types de prise en charge coexistent mais, curieusement, ce n’est pas l’état de santé du patient qui constitue l’unique déterminant du choix du traitement : d’autres facteurs jouent un rôle certain, en particulier les habitudes locales des hôpitaux.

En Belgique, deux types de prestataires de soins sont responsables de la revalidation, à savoir le kinésithérapeute et le médecin spécialiste en médecine physique et réadaptation. Ce dernier s’est spécialisé durant 5 années. Kinésithérapeutes et médecins spécialistes sont remboursés par l’INAMI sur base des prestations effectuées mais chaque groupe de prestataires utilise un code de remboursement qui lui est spécifique.

Coexistence des activités des kinésithérapeutes et des médecins spécialisés en médecine physique et réadaptation
En théorie, la revalidation de type multidisciplinaire, assurée par les médecins spécialistes, est destinée à des patients souffrant d’affections complexes et invalidantes (telles que les hémorragies cérébrales ou des interventions chirurgicales lourdes). Ils bénéficient dans ce cadre d’une combinaison de soins qui inclut par exemple de la kinésithérapie, de l’ergothérapie et de la logopédie. Ces soins de revalidation, prodigués en hôpital général ou en institution spécialisée, sont dispensés par exemple par un kinésithérapeute et par un ergothérapeute mais c’est le médecin spécialiste en médecine physique qui les facture car il en assure la supervision.

Pour la revalidation des patients souffrant d’affections moins complexes, fréquemment des affections de l’appareil locomoteur (par exemple une lésion du ménisque), la kinésithérapie seule est souvent suffisante. Or ces patients peuvent consulter tant un kinésithérapeute qu’un médecin spécialiste en médecine physique et réadaptation puisque chacun offre des soins de kinésithérapie.

Un belge sur quatre…
Les chercheurs ont analysé la consommation de soins de revalidation durant une période de trois années (2003-2005) sur base des données de facturation des mutualités : il apparaît qu’un belge sur quatre a bénéficié de revalidation durant cette période, principalement de la kinésithérapie. Cette consommation est plus élevée chez les femmes que les chez hommes. Elle augmente avec l’âge, en particulier après 60 ans.

Choix du type de revalidation : des constatations qui posent question
Les revalidations facturées suite à des opérations orthopédiques, à des mastectomies et à des opérations pour incontinence urinaire ont été identifiées dans les bases de données des mutualités. La kinésithérapie (la plupart du temps commencée à l’hôpital) est la forme la plus courante de revalidation après ces interventions.

La médecine physique et de réadaptation de type multidisciplinaire est souvent le traitement de première intention après des interventions orthopédiques lourdes telles que le placement d’une prothèse de hanche ou de genou, une opération du dos ou pour fracture de hanche. Il est frappant de constater que ces traitements sont souvent brusquement arrêtés après la sortie de l’hôpital et que la revalidation se poursuit alors uniquement avec de la kinésithérapie. On peut dès lors se demander si le traitement multidisciplinaire correspondait vraiment aux besoins du patient. De même, comment interpréter le fait qu’après certaines opérations (par exemple une intervention pour fracture de la clavicule), plus de la moitié des patients ne bénéficie d’aucune revalidation ?

C’est l’hôpital qui choisit entre kinésithérapie et médecine physique et de réadaptation
La possibilité de choisir entre kinésithérapie et médecine physique et de réadaptation conduit à la question-clé de ce rapport: quels facteurs déterminent le choix du type de traitement? Les habitudes locales de l’hôpital paraissent jouer un rôle crucial. La moitié des hôpitaux qui disposent d’un service de médecine physique et de réadaptation choisit en effet systématiquement ce type de revalidation mieux, rémunéré, pour au moins 80% des patients souffrant d’une des affections lourdes énumérées ci-dessus.

Recommandations
Le KCE recommande une adaptation des règles de remboursement de la médecine physique et de réadaptation après interventions chirurgicales non compliquées. Il convient en effet d’éviter que le choix des traitements soit plus dicté par des considérations financières que par les besoins réels des patients. Plutôt que de pouvoir facturer les mêmes soins que les kinésithérapeutes, les médecins spécialistes en médecine physique et réadaptation devraient être rémunérés pour leurs prestations de type intellectuel, telles que l’établissement du diagnostic, l’élaboration d’un plan de traitement de revalidation et la coordination des soins prodigués par les kinésithérapeutes et ergothérapeutes. Bien sûr, le KCE ne peut formuler de recommandations similaires relatives à la revalidation d’autres affections que celles étudiées dans le rapport.

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