Coûts et mortalité engendrés par les infections nosocomiales

  • Fevrier 2, 2009

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) estime qu’environ 2600 patients par an décèdent prématurément durant leur séjour hospitalier des suites d’une infection nosocomiale. En outre, une infection nosocomiale prolonge la durée d’hospitalisation d’une semaine en moyenne. Cette prolongation de séjour hospitalier coûte presque 400 millions d’euros par an à la collectivité.

Les infections nosocomiales sont les complications les plus fréquentes chez les patients hospitalisés. Elles augmentent le risque de décès et prolongent la durée d’hospitalisation. Le KCE avait estimé à la fin de l’année passée que 6% des patients hospitalisés étaient victime d’une infection nosocomiale, sur base d’une large enquête menée dans plus de la moitié des hôpitaux. Sur les 125 000 patients environ qui luttent contre une infection nosocomiale, pas moins de 17 500 vont décéder durant leur séjour hospitalier, sans que l’on puisse pour autant imputer  directement leur décès à l’infection. Seule une partie  de ces décès est clairement imputable, directement ou indirectement, à l’infection. L’objectif du rapport était de calculer le nombre de ces décès, de même que les coûts collectifs engendrés par les prolongations de durée de séjour.

Les pneumonies et les septicémies sont les infections les plus mortelles et aussi les plus chères
Le KCE estime que chaque année en Belgique environ 2600 personnes décèdent prématurément durant leur hospitalisation des suites d’une infection nosocomiale. Ce sont surtout les pneumonies et les septicémies (infections du sang) qui sont les plus mortelles, et ceci aussi bien en soins intensifs que dans les services de médecine interne, de chirurgie, de gériatrie et de revalidation.

Les pneumonies (100 millions d’euros), les septicémies (80 millions d’euros) et les infections urinaires qui sont très fréquentes (80 millions d’euros), engendrent le plus gros paquet des coûts supplémentaires, principalement dans les services cités plus haut. Au total, une charge additionnelle de 384 millions d’euros par an pour la collectivité, estime le KCE. Cette dépense supplémentaire est liée à une prolongation de la durée d’hospitalisation de 6,7 jours en moyenne par infection. Avec un coût de journée d’hospitalisation de 371 euros en moyenne (sans compter les soins médicaux), on comprend que cela monte vite.

Le KCE recommande donc que le suivi de ces trois types d’infections nosocomiales devienne une priorité, dans les services cités plus haut. La participation des hôpitaux aux études de prévalence devrait en outre devenir obligatoire, afin de pouvoir vérifier l’impact des mesures préventives.  Des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer le rapport coût/efficacité des diverses mesures de prévention possibles. Les infections de plaies opératoires qui se déclarent après la sortie de l’hôpital n’ont pas été inclues dans notre étude et mériteraient d’être étudiés également. En outre, le problèmes des infections dans les maison de repos (et de soins), ainsi que l’importance du portage de germes résistants aux antibiotiques devraient être examinés de plus près.

Une mise au point au sujet des différences et des liens entre évènement indésirable (adverse event), infection nosocomiale et erreur médicale
Le KCE a constaté que dans les médias, ces trois concepts sont parfois confondus.

Les 'adverse events' ou évènement indésirables constituent un ensemble plus large que les infections nosocomiales. Ceux-ci surviennent plus en raison d’un défaut dans l’organisation dans les soins qu’en raison de la maladie du patient. A côté des infections nosocomiales, les escarres et les embolies pulmonaires sont des exemples classiques d’événements indésirables Pour arriver à éviter ces évènements, il faut d’abord en connaître l’ampleur. Une étude récente du KCE indique qu’un meilleur enregistrement des données à l’admission permettrait d’améliorer l’extraction des évènements indésirables à partir des bases de données administratives hospitalières récoltées en routine.

Les infections nosocomiales sont un des événements indésirables possibles. Elles sont également contractées durant le séjour hospitalier. Environ 30% de ces infections peuvent être évitées grâce à des mesures d’hygiène hospitalière, comme par exemple l’hygiène des mains, mais l’effet de ces mesures dépend bien sûr du type d’infection.

Parmi les événements indésirables, certains sont considérés comme des erreurs médicales. Il s’agit ici d’un concept juridique : il y a erreur médicale à partir du moment où il est prouvé que la complication est due à une faute du prestataire ou à un défaut d’organisation des soins de l’institution.

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