Cancer du sein et cancer du testicule: la qualité des soins s’améliore, mais nécessite une plus grande centralisation des patients dans les hôpitaux de référence

  • Janvier 17, 2011

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a développé une liste d’indicateurs afin d’évaluer la qualité des soins dans le cadre du cancer du sein et du cancer du testicule. Bien que des analyses approfondies restent souhaitables, nous pouvons affirmer que la qualité des soins délivrés aux patients atteints de ces types de cancers s’améliore. La survie à 5 ans augmente légèrement. Mais des améliorations pourraient encore être obtenues dans les domaines du diagnostic, du traitement et du suivi des patients. Les soins restent encore trop fragmentés. Le KCE plaide pour une centralisation des soins dans les hôpitaux qui ont une plus grande expérience dans la prise en charge de ces cancers.

La Ministre de la Santé Publique a demandé au KCE d’établir une liste d’indicateurs pour le cancer du sein et le cancer du testicule en vue d’évaluer la qualité des soins. Afin d’identifier des indicateurs significatifs, le KCE s’est basé notamment sur les recommandations nationales de bonne pratique qui ont été publiées pour ces deux cancers en novembre 2010.

Les chercheurs ont ensuite évalué dans quelle mesure ces indicateurs pouvaient effectivement être mesurés. Ils ont relevé que des données complémentaires et plus récentes étaient nécessaires dans le domaine de l’enregistrement des cancers, telles que la cause des décès, la rechute après traitement, le stade du cancer établi avant et après intervention chirurgicale,… Ces données sont essentielles pour assurer le suivi de la qualité des soins. Aussi, le KCE plaide pour une transmission systématique de ces données par les médecins au Registre du Cancer. De plus, les chercheurs soulignent que certains codes de nomenclature de l’INAMI, utilisés pour le remboursement des techniques diagnostiques ou thérapeutiques, devraient être affinés. Cependant, plusieurs résultats intéressants découlent des analyses préliminaires :

CANCER DU SEIN
La qualité des soins augmente, mais il reste un potentiel d’amélioration pour la prise en charge et les résultats

La qualité des soins délivrés aux femmes atteintes d’un cancer du sein s’améliore. Entre 2001 et 2004, on a observé une légère amélioration de la survie à 5 ans pour les cancers invasifs non métastasés. Selon le stade auquel le cancer du sein a été diagnostiqué, 93% à 64% des femmes survivent après 5 ans. Parmi les femmes souffrant d’un cancer métastasé, 1 sur 3 est encore en vie après 5 ans.

Certaines pratiques qui sont recommandées pour améliorer la survie des patientes, pour éviter les rechutes ou pour obtenir un meilleur résultat esthétique restent sous-utilisées. Ainsi, les données européennes indiquent que 70% à 80% des femmes devraient bénéficier d’une chirurgie conservatrice du sein. En Belgique, ce type d’intervention est réalisé chez moins de 60% des femmes.

La prise en charge dans un hôpital de référence offre de meilleures chances de survie
Entre 2004 et 2006, la moitié des hôpitaux traitait annuellement moins de 50 femmes souffrant d’un cancer du sein. Dans les hôpitaux qui traitaient au moins 150 femmes par an, la survie à 5 ans était plus élevée que dans les hôpitaux qui traitaient moins de 100 femmes par an. Pour un stade de cancer équivalent, les femmes traitées dans les hôpitaux moins expérimentés avaient environ 20% de risques supplémentaires de décéder dans les 5 ans. Dans les hôpitaux qui traitent un nombre plus élevé de patientes, on observe plus de consultations oncologiques multidisciplinaires, plus de chirurgies conservatrices du sein et plus de radiothérapies adjuvantes. Néanmoins, certains hôpitaux qui traitent moins de femmes enregistrent aussi de très bons résultats en termes de survie. C’est pourquoi des analyses plus approfondies sont nécessaires.

Entretemps, de nouvelles réglementations ont été introduites : pour que les centres puissent être reconnus comme une Clinique du sein, ils doivent, à partir de 2010, traiter chirurgicalement au minimum 150 nouvelles femmes par an. Et les chirurgiens qui traitent la pathologie mammaire devront également atteindre un volume de 50 femmes opérées par an.

CANCER DU TESTICULE
Ici aussi la qualité des soins s’améliore, mais certaines pratiques restent sous-utilisées

Dans le cas de ce cancer rare, la survie à 5 ans est très élevée (environ 95%) et s’améliore encore légèrement. Toutefois, certaines mesures sont encore trop peu utilisées. La concertation oncologique multidisciplinaire gagne en intérêt mais reste trop peu souvent organisée. Trop de patients souffrant d’un cancer testiculaire au stade précoce reçoivent encore, après l’exérèse de la tumeur, de la radiothérapie ou de la chimiothérapie, alors qu’une surveillance active est recommandée dans ces cas-là.

Des soins trop fragmentés
Plus d’un tiers des centres qui traitent des patients atteints d’un cancer testiculaire ont pratiqué en moyenne une résection du testicule ou moins par an. Ce qui suscite des questions sur l’organisation des soins délivrés à ces patients. Le KCE plaide ici aussi pour une centralisation des soins dans un nombre limité d’hôpitaux.

 

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