Cancer du col de l’utérus : d’abord une question de dépistage méthodique

  • Octobre 11, 2006

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), en collaboration avec l’Institut de Santé Publique (ISP), s’est penché sur l’utilité du frottis dans le dépistage préventif du cancer du col et plaide pour un encadrement de l’organisation du dépistage si les décideurs veulent réduire le nombre de décès par cancer du col en Belgique. Rien n’indique pour l’instant que la recherche du Papillomavirus humain (HPV) en dépistage primaire chez toutes les femmes cause plus de bien que de tort.

Une meilleure organisation sauve des vies

Le dépistage par frottis classique permet d’éviter en Belgique environ 1400 cancers du col par an. Malgré tout, chaque année, 700 femmes sont encore atteintes d’un cancer invasif du col, cancer qui n’avait pas été détecté à temps par dépistage. Ce cancer sera mortel pour plus d’un tiers d’entre elles. Seulement 59% des femmes de 25 à 64 ans se présente régulièrement chez son gynécologue ou médecin traitant pour un frottis de dépistage du cancer du col. Mais souvent à une cadence exagérée : en principe, un seul frottis tous les 3 ans suffit alors que, chez la plupart, il s’agit d’un frottis tous les ans. Les autres 41% ne se présentent jamais ou rarement pour un frottis du col. La mortalité due au cancer du col diminuera d’abord par une plus large participation au dépistage et, dans une moindre mesure, par l’amélioration de la qualité des tests.

La Belgique connaît quelques initiatives isolées de dépistage dans certaines provinces flamandes. L’approche méthodique a pourtant fait la preuve de son efficacité puisqu’à l’étranger une participation au dépistage qui atteint au moins 80% se traduit par une réduction supplémentaire de la mortalité. Un registre central couplé aux registres de la population et du cancer est crucial pour obtenir d’aussi bons résultats en Belgique.

Le KCE estime qu’une partie du budget déjà consacré aux diverses prestations en rapport avec le dépistage du cancer du col pourrait être utilisée de manière plus efficiente dans un dépistage méthodique. Les exemples étrangers nous montrent la voie.

Pas d’utilité avérée d’un dépistage d’HPV chez toutes les femmes

La plupart des hommes et des femmes font au cours de leur vie sexuelle une ou plusieurs infections à HPV sans même s’en rendre compte. Ces infections disparaissent presque toujours d’elles-mêmes. Il arrive exceptionnellement que le virus prolonge son séjour et provoque, chez la femme uniquement, des anomalies dans les cellules du col de l’utérus. Le frottis classique permet l’analyse de ces cellules mais pas la recherche du virus. Après bien des années et si elles ne sont pas enlevées à temps, les lésions observées peuvent évoluer vers un cancer du col de l’utérus.

Le dépistage de l’HPV chez toutes les femmes comme le remplacement du frottis classique par ce test HPV n’ont pas encore montré leur utilité. Les grandes études de cohortes en cours en Europe et au Canada ne se termineront que dans les années à venir. N’empêche que certains gynécologues ou laboratoires demandent déjà un test HPV à l’occasion de chaque frottis de dépistage. La facture pour ce test, qui va de 10 à 50 €, atterrit souvent chez les patientes.

Le portage du virus HPV révélé par le test peut susciter une inquiétude non fondée et semer le trouble entre la femme et son partenaire. Pourtant, la plupart des infections à HPV disparaissent spontanément et la présence du virus n’indique pas nécessairement un cancer du col débutant. Une information claire sur le test HPV est donc absolument nécessaire.

Pour l’instant, la seule utilité avérée du test HPV réside dans sa complémentarité vis-à-vis des rares frottis classiques d’interprétation difficile ou dans la détection précoce de lésions récidivantes après traitement local du cancer du col, ce qui concerne également un très petit nombre de femmes. 

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