6 % des patients hospitalisés en Belgique doivent faire face à une infection d’origine hospitalière, un résultat comparable à celui des pays voisins

  • Novembre 12, 2008

Une enquête nationale effectuée par le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) en collaboration avec les hygiénistes hospitaliers montre que 6% des patients hospitalisés en Belgique ont une infection d’origine hospitalière. Les unités de soins intensifs, aussi bien pour les adultes que pour les nouveaux nés, sont les plus touchées. Ce résultat est comparable à celui des pays voisins. Le KCE recommande de prévoir des moyens supplémentaires pour la lutte contre les infections acquises à l’hôpital, et ceci dans le cadre de l’amélioration continue de la qualité dans les hôpitaux. La participation à des études d’enregistrement devrait aussi devenir obligatoire pour tous les hôpitaux.

Une infection d’origine hospitalière, ou infection nosocomiale, est une infection que le patient acquiert durant son séjour à l’hôpital. Il s’agit principalement d’infections des voies urinaires, des voies respiratoires, des plaies opératoires ou du système circulatoire (septicémie). À la suite de cette complication, certains patients doivent séjourner plus longtemps à l’hôpital. Dans certains cas ils peuvent même en mourir. Chaque hôpital reçoit un financement limité pour l’équipe d’hygiène hospitalière. Ces médecins et infirmier(ières)s tâchent de limiter les infections en mettant en oeuvre des mesures de prévention, impliquant l’hygiène des mains et l’utilisation correcte des antibiotiques. On estime que ces mesures préventives peuvent diminuer d’environ 30% les infections hospitalières.

Le KCE a étudié la fréquence des infections nosocomiales dans les hôpitaux belges. 63 hôpitaux, donc un peu plus que la moitié, ont accepté de participer à l’étude. En collaboration avec les équipes d’hygiène hospitalière, 543 services hospitaliers et plus de 17 000 patients ont été surveillés durant un jour donné (étude de prévalence). Les hôpitaux ont ensuite reçu un feedback avec leurs résultats.

6% de tous les patients présents lors de l’étude avaient une infection nosocomiale, et dans ce groupe 13% en avait au moins deux. Ce résultat est comparable à des études de prévalence récentes en Hollande et en France. Sur base de cette étude de prévalence, le KCE estime qu’environ 100.000 patients par an sont atteints par une infection nosocomiale.

Les unités de soins intensifs ont les taux les plus élevés de patients infectés : 1 adulte sur 4, et presque 13% des nouveaux nés. Il s’agit principalement de pneumonies et de septicémies. C'est dans les services de maternité que le risque de contracter une infection nosocomiale est le plus bas (1%).

6 % des patients hospitalisés en Belgique doivent faire face à une infection d’origine hospitalière, un résultat comparable à celui des pays voisins

 

Le type d’infection est très tributaire du type de service. Les septicémies et pneumonies se retrouvent surtout dans les services de médecine interne et de soins intensifs. En revalidation et gériatrie les infections urinaires sont plus présentes. En chirurgie les infections de plaie sont les plus courantes.

Pour le KCE, une attention permanente au problème des infections nosocomiales se justifie, surtout dans les unités de soins intensifs (adultes et nouveaux-nés). Le KCE recommande de prévoir plus de moyens pour la lutte contre les infections nosocomiales, dans le cadre de l’amélioration continue de la qualité dans les hôpitaux et en fonction de l’activité de chacun de ceux-ci. Il recommande aussi d’organiser de manière régulière des études nationales de prévalence, et de rendre obligatoire la participation des hôpitaux à ces études. Pour que ces dernières aient le maximum d’impact, il convient que les hôpitaux reçoivent rapidement un retour d’information (feedback) de leurs résultats.

Cette étude connaîtra une suite: dans une deuxième partie, le KCE va calculer combien coûtent annuellement ces infections en soins de santé et en prolongation de la durée d’hospitalisation, et aussi combien de patients en décèdent.

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