‘Drug eluting stents’ : plus chers que les stents classiques et à peine meilleurs pour la santé

  • Octobre 30, 2007

À côté des« stents » métalliques classiques, il y a, depuis quelques années, aussi des stents spéciaux avec médicament incorporé, pour traiter le rétrécissement des artères coronaires : les « drug eluting stents ». Le médicament est supposé empêcher une nouvelle constriction de l’artère. Quelle est l’efficacité de cette nouvelle technique ? A-t-elle un bon rapport coût efficacité ? Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) et l'Université d’Anvers répondent à ces questions. Il ressort de leur rapport que ces nouveaux stents ne réduisent pas le risque de décès ou d’infarctus. Ils diminuent légèrement le risque d’une nouvelle sténose de l’artère mais seulement chez un nombre limité de patients. Leur prix, par contre, s’élève à plus du double de celui des « stents » classiques.

Depuis les années quatre-vingts, les sténoses des artères coronaires sont de moins en moins souvent traitées chirurgicalement à cœur ouvert. Dans la majorité des cas aujourd’hui, un cathéter est introduit via l’aine ou le bras. À l’extrémité de ce cathéter, un ballonnet permet de dilater la sténose coronaire. En général, un petit ressort métallique (un « stent ») est aussi mis en place pour éviter une récidive du rétrécissement de l’artère coronaire. Le plus souvent, cette technique est efficace  mais il arrive que des patients doivent subir une nouvelle dilatation si un  rétrécissement se reproduit au niveau du stent. Les « drug eluting stents » contiennent un médicament qui est supposé éviter ce problème.

En pratique, il semble que les « drug eluting stents » diminuent effectivement le risque de nouvelle intervention chez quelques patients mais il est difficile de prédire lesquels. Par contre, ces stents ne réduisent pas le risque de décès ou d’infarctus. En outre, à long terme, existe un risque accru de complication rare mais sérieuse : la sténose aiguë de l’artère coronaire. Pour diminuer ce risque, les patients porteurs de ce type de stent doivent suivre un traitement de longue durée à base d’anticoagulants.

Un « drug eluting stent » coûte approximativement 2 500 euros alors qu’un stent classique en coûte 1 000. A noter cependant que les hôpitaux obtiennent des ristournes importantes qui réduisent dans les faits la différence de prix. Depuis quelques années, l’assurance–maladie rembourse les « drug eluting stents » pour les patients diabétiques. On constate que les cardiologues placent aussi parfois ce type de stent chez des patients non diabétiques. La plupart du temps il s’agit de patients en chambre privée, bien qu’en principe le coût du stent ne puisse pas leur être facturé.

Le KCE a examiné si le surcoût des « drug eluting stents » était contrebalancé par leur bénéfice clinique. Si chaque patient recevait un « drug eluting stent » et que ce dernier était remboursé, cela entraînerait un surcoût d’au moins 12 millions d’euros sans bénéfice substantiel pour la santé.

Le KCE recommande une révision à la baisse du remboursement des « drug-eluting stents » qui rapproche celui-ci du niveau de remboursement des stents classiques.

AUTRES LIENS
PERSONNE DE CONTACT
Karin Rondia (FR)
+32 (0)2 287 33 48
+32 (0)475 769 766
RAPPORT ANNUEL