Planification l’offre médicale – le p’tit coup de main du KCE

R290En dehors de tout le tumulte politique autour des quotas de médecins, le KCE a été sollicité par la Commission de Planification de l’offre médicale pour l’aider à peaufiner son modèle mathématique. Modèle qui – soit dit en passant – est considéré comme l’un des plus complets au niveau européen. L’apport du KCE a consisté à recueillir les avis et critiques des différentes parties concernées au sujet des paramètres du modèle actuel et à formuler des recommandations pour les améliorer à l’avenir. Ont participé à ces auditions des représentants des institutions du monde politique (fédéral et entités fédérées), du secteur des soins de santé (organisations professionnelles, associations d’étudiants, syndicats de médecins, mutualités, associations de patients) et de l’enseignement supérieur.

Parmi les principales suggestions formulées, on note que le modèle gagnerait à pouvoir être alimenté en continu afin de refléter au mieux l’évolution des réalités sur le terrain et que la finesse de la répartition territoriale pourrait être améliorée afin d’estimer plus précisément les densités médicales sur le territoire. Il serait également nécessaire de distinguer le lieu de domicile du médecin de son lieu de pratique, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, et de prendre davantage en compte les nouveaux modes d’organisation du travail comme les cabinets de groupe.

Le modèle actuel de prévision de la demande en professionnels de santé fonctionne sur la base de la consommation de soins passée, mais cette approche présente plusieurs limites. Notamment, elle ne tient pas compte des soins qui n’ont pas été consommés, par exemple parce que le patient les a reportés pour des raisons financières ou d’accessibilité…ou parce qu’il n’y avait pas, en temps opportun, de médecin disponible pour une consultation. Le KCE recommande par ailleurs d’injecter dans le modèle certaines tendances en évolution rapide, comme l’intensification de la mobilité intra-européenne, ou les glissements d’activité d’un groupe professionnel vers un autre, comme par exemple le suivi de la grossesse sans complications par des sages-femmes plutôt que par des gynécologues. Ou encore des évolutions de la demande liées au vieillissement et à la migration de populations ayant des problèmes de santé différents, etc. 

Dans sa conclusion le KCE pose tout de même une question : y a-t-il encore un sens à essayer de planifier de manière aussi stricte à l’intérieur de nos frontières, dans un monde aussi ouvert et mobile que celui de l’Union européenne ? Ne devrait-on pas plutôt veiller avant tout à garantir une offre suffisante, adéquatement répartie sur l’ensemble du territoire et dans les différents secteurs d’activités ?

Lire la synthèse du rapport KCE sur la planification de l’offre de médecins en Belgique.

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RAPPORT ANNUEL
Published on: 
2017/12/14