Un guide de pratique clinique pour les lombalgies

Le KCE a remis à jour son guide de pratique clinique sur les lombalgies, le précédent datant d’il y a une dizaine d’années. Qu’est-ce qui a changé depuis lors ? Essentiellement l’évolution vers une compréhension plus « bio-psycho-sociale » du risque de passage à la chronicité, ce qui implique de déplacer subtilement les « accents » dans la prise en charge de ces patients.

Nous le savons : la douleur lombaire est en principe sans gravité et son évolution est spontanément bonne dans la très grande majorité des cas. Il n’y a donc pas de raison de la « médicaliser » à outrance. Il est toutefois indispensable d’identifier les patients qui présentent un risque accru de développer des douleurs ou une limitation chroniques, car ceux-là nécessitent une prise en charge spécifique, plus complexe et multidisciplinaire. Pour dépister ces patients, le KCE propose deux questionnaires très courts (10 questions) internationalement validés, STarT Back et Örebro, qui permettent de cerner aisément les yellow flags (croyances et perceptions du patient). Les contextes relationnel et professionnel sont également à prendre compte (voir tableau des drapeaux jaunes, orange, bleus et noirs).

Lutter contre les idées reçues

Cette étape d’évaluation du risque (nouvelle par rapport au guideline précédent) porte principalement sur le ressenti de la douleur, l’angoisse des patients, et leurs convictions – erronées mais nocives – du type « si je bouge, je vais aggraver ma lésion ». Avec ces patients, il faut faire preuve de pédagogie, les rassurer et les encourager à rester autant que possible actifs. Et surtout éviter les messages dramatisants qui ne font qu’aggraver leur stress (et dont vous pouvez lire un florilège ici)

L’imagerie peut être contre-productive

Un autre message important est d’éviter autant que possible le recours à l’imagerie. Non seulement elle occasionne une irradiation (parfois importante) et elle est lourde pour le budget des soins de santé, mais elle est prompte à détecter des « anomalies » dont rien ne prouve, en réalité, qu’elles sont la cause de la douleur dont se plaint le patient. Ainsi par exemple, nombreux sont ceux parmi nous qui vivent tout à fait normalement sans savoir qu’ils sont porteurs d’une hernie discale radiologiquement visible. 

Les messages principaux du guide de pratique clinique sont résumés dans l’algorithme disponible ici sous format pdf (1 page).

Un outil interactif pour l’automne

Le groupe de travail multidisciplinaire (médecins généralistes, kinésithérapeutes, ostéopathes/ chiropracteurs, spécialistes en médecine physique et réadaptation, anesthésistes-algologues, chirurgiens orthopédistes, neurochirurgiens et psychologues) réuni par les chercheurs du KCE pour rédiger ce guide de pratique clinique, continue sur sa lancée et prépare, pour l’automne, un itinéraire de soins qui indiquera à chaque intervenant quelles actions entreprendre en fonction du stade de douleur de son patient. Cet itinéraire sera également diffusé sous la forme d’un outil informatisé interactif pour une facilité d’emploi maximale. Rendez-vous en novembre !

Télécharger le guide de pratique clinique. 

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Karin Rondia (FR)
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RAPPORT ANNUEL
Published on: 
2019/03/05