Trauma crânien léger : demander un CT-scan ou pas ?

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On dénombre, en Belgique, environ 26 000 traumatismes crâniens par an. La plupart (89%) sont heureusement des traumas légers (avec un score de Glasgow à 13-15 et pas/peu d’altération de l’état de conscience). Le risque de lésions cérébrales sévères est faible chez ces patients (prévalence estimée à 7%).

Que faire donc ? Comme on ne peut pas se permettre de passer à côté d’une lésion potentiellement grave, il est très fréquent que ces patients soient soumis à un CT-scan, par précaution, et ce sans tenir compte des coûts et de l’exposition aux rayons X ainsi engendrés. N’y a-t-il donc pas moyen de mieux identifier ceux chez qui le risque est réel ?

Dans un nouveau KCE has read for you, le KCE a analysé une publication récente parue dans le JAMA qui évalue la fiabilité de deux algorithmes cliniques, les New Orleans Criteria et la Canadian CT Head Rule, pour identifier les patients ayant un très faible risque de lésions cérébrales sévères. Au terme d’une analyse critique de 14 études regroupant 23.079 patients avec un trauma crânien léger, les auteurs ont estimé que l’absence de tout signe identifié par l’un ou l’autre algorithme suggère que la probabilité de lésion cérébrale sévère est faible et qu’un CT-scan n’est pas indiqué.

L’utilisation de ces algorithmes cliniques devrait donc permettre de limiter le recours au CT-scan.

New Orleans criteria Canadian CT Head Rule
1. > 60 ans 1. 65 ans ou plus
2. Vomissements 2. Vomissements (>1 épisode)
3. Amnésie antérograde persistante 3. Amnésie de plus de 30 minutes
4. Traumatisme sus-claviculaire visible 4. Suspicion de fracture crânienne ouverte, d’enfoncement ou de fracture de la base du crâne
5. Intoxication (alcool, drogue) 5. Cinétique de choc dangereuse (piéton heurté par un véhicule, passager éjecté
d’un véhicule, chute de >1 m ou de 5 marches)
6. Convulsions 6. GCS <15 après 2 heures
7. Céphalées  
(adapted from Easter JS et al. JAMA. 2015 Dec 22-29;314(24):2672-81)

 

Les patients qui ne présentent aucun élément de l’algorithme sont à faible risque (0,3 à 0,6%) de lésion cérébrale sévère.
Chez un patient qui présente un ou plusieurs éléments de l’algorithme, le choix de le laisser sortir, de le mettre en observation ou de pratiquer un CT-scan dépend du lieu de soins, du jugement du clinicien, des préférences du patient, du nombre d’éléments de l’algorithme présents et de la présence de certains éléments supplémentaires, particulièrement graves. 

Télécharger le KCE has read for You consacré à cet article.

Sur le même sujet, lire aussi le KCE Reports 261 : Intérêt des biomarqueurs pour exclure les lésions cérébrales en cas de traumatisme crânien léger.

 

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Karin Rondia (FR)
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RAPPORT ANNUEL
Published on: 
2017/07/19