Quels rôles pour le médecin généraliste dans le nouveau modèle de soins psychologiques proposé par le KCE ?

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Voir l’interview vidéo de Laurence Kohn, auteur du rapport du KCE

La demande de remboursement des soins psychologiques se fait de plus en plus pressante… Le KCE a analysé les systèmes mis en place dans d’autres pays, pour ensuite élaborer un modèle adapté à la réalité belge. Ce travail a été mené en large concertation avec les acteurs concernés, via les représentants des principales associations professionnelles (psychologues, MG et psychiatres) et des patients.

Le système proposé comprend deux niveaux : un premier niveau largement accessible, pour accueillir sans restriction les problèmes psychiques courants et modérés, et un second niveau, d’accès plus restreint, mais permettant de délivrer des soins spécialisés à ceux pour qui le premier niveau n’est pas suffisant.

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RÔLE DU MG DANS LE PREMIER NIVEAU

Le premier niveau est inspiré des projets pilotes de « psychologie de 1re ligne » (Eerste Lijns Psychologische Functie – ELPF) récemment menés en Flandre, dont les résultats sont très positifs tant aux yeux des patients que des intervenants. Les psychologues de 1re ligne sont spécifiquement formés à l’accueil et à la première prise en charge des problèmes psychiques les plus courants, en concertation avec les MG et l’ensemble du réseau local existant. Dans le modèle du KCE, ces psychologues sont directement accessibles, sans prescription, ni critère de diagnostic ou de gravité.

Ces psychologues seraient encouragés à exercer dans divers cadres : des pratiques de médecine générale ou des maisons médicales, des centres PMS, des plannings familiaux, etc., ainsi qu’en privé. Cette première prise en charge serait limitée à 5 séances maximum. En effet, l’expérience des projets ELPF montre que 88% des personnes qui y ont eu recours ont été aidées ou réorientées en (moins de) 5 séances.

Mais le KCE a également tenu compte du fait qu’une partie des patients préfèrent aborder leurs problèmes psychiques dans le cadre familier du cabinet de leur médecin traitant. Le KCE recommande donc d’accorder, en parallèle, des honoraires pour ‘consultation de longue durée’ aux MG qui souhaitent consacrer du temps au soutien psychologique de leurs patients (également à raison de 5 séances maximum).

RÔLE DU MG DANS L’ACCÈS AU SECOND NIVEAU

La nécessité de passer à des soins plus spécialisés (psychothérapie) devrait être conjointement évalué par un médecin généraliste et un psychologue de 1re ligne. En effet, ce n’est qu’en croisant les compétences et les connaissances complémentaires de ces deux professionnels au sujet du patient et de son environnement qu’il sera possible de cerner la problématique de chaque patient individuel dans toutes ses dimensions et dans toute sa complexité. Ceci permettra p.ex. d'écarter une cause physique sous-jacente.

Étant donné le caractère sensible des sujets liés à la santé mentale, ce partage d’informations ne devrait pas nécessairement être détaillé et extensif. Le respect du secret professionnel des uns et des autres est indissociable de l’établissement de la relation de confiance indispensable à une intervention psychologique efficace.

L’utilisation d’un dossier informatisé partagé – avec des accès réservés – doit être la règle. L’accès à ce dossier électronique est d’ailleurs déjà prévu pour tous les prestataires de soins reconnus par la loi (et ayant un lien thérapeutique avec le patient), dont les psychologues. Dans ce contexte, il peut devenir simple de faire circuler l’information sans surcroît de travail. Ce sera tout bénéfice pour le patient, qui ne devra donc pas être « convoqué » des deux côtés. Pour la grande majorité d’entre eux, le transfert du SumEHR (quand il sera complètement opérationnel) sera suffisant et efficace.

ET LE PSYCHIATRE ?

La place et le mode de financement des psychiatres ne sont pas modifiés dans le nouveau modèle, mais ils pourraient mieux y retrouver le rôle pour lequel ils ont essentiellement été formés, c’est-à-dire la prise en charge des pathologies mentales lourdes et/ou complexes. Leur avis pourrait également être demandé, de façon ponctuelle, par les intervenants de 1re ligne, lorsqu’ils ont des doutes sur la conduite à tenir face à certains patients.

Pour lire la synthèse du rapport « Modèle d’organisation et de financement des soins psychologiques », cliquer ici.

 

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Karin Rondia (FR)
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RAPPORT ANNUEL
Published on: 
2018/11/20