Les nouvelles recommandations sur le suivi de la grossesse

Les nouvelles recommandation sur le suivi de la grossesse sont extrêmement sobres. C’est un véritable plaidoyer pour moins d’interventionnisme médical ?

Nous voulons en effet aller à l’encontre de l’idée générale que « plus on en fait, mieux c’est », ce qui, dans le cas de la grossesse, est particulièrement inapproprié. Il ne s’agit donc pas de « démédicaliser » la grossesse, mais bien de lutter contre la tendance à trop la médicaliser. En particulier en matière d’examens de dépistage, il est important de bien peser le pour et le contre de chaque examen et de ne proposer que ceux dont on est certain qu’ils seront bénéfiques à la future mère et/ou à son bébé. Ce qui est loin d’être toujours le cas : il ne faut pas sous-estimer l’impact délétère potentiel de la plupart des examens.

 

 

De plus, en réfléchissant de cette manière, nous remettons la femme au centre de la décision, nous lui laissons l’opportunité de faire son choix en toute connaissance de cause, en concertation avec son médecin et son/sa partenaire. 

On perçoit parfois les guidelines du KCE (et d’autres) comme déconnectés des réalités du terrain…

Je pense qu’en fait, c’est exactement le contraire. L’essence-même d’un guideline est précisément de trouver l’équilibre le plus juste entre les données scientifiques et les réalités du terrain. Toutes nos études (pas seulement les guidelines d’ailleurs) se basent sur cette approche mixte : nous commençons toujours par définir et délimiter le(s) problème(s) à traiter avec des représentants des professions impliquées. Nous analysons alors la littérature nécessaire pour établir ce qui est internationalement reconnu et qui va nous servir de base de travail. Mais ensuite, nous revenons vers le terrain avec ces données, nous élaborons ensemble des pistes de solutions en faisant appel à tout un éventail de méthodes participatives. Généralement, nos recommandations sont encore mises en discussion avec ce que nous appelons les  « stakeholders » c’est-à-dire l’ensemble des parties prenantes, dont les opinions sont parfois totalement divergentes entre elles. Comme vous voyez, cette manière de faire se base vraiment sur la recherche de solutions à la fois scientifiquement fondées et adaptées à nos réalités locales belges. 

Vous êtes médecin généraliste à la base. Est-ce que cela influence votre manière de travailler ?

Peut-être cela me permet-il d’avoir une vision plus globale des problèmes que je suis amenée à analyser ? Le fait que je ne sois « spécialiste » en aucun domaine me permet d’aborder les divers sujets d’étude avec une égale sérénité. Je crois aussi que cela me rend fort pragmatique parce que je connais la réalité des patients, je sais pourquoi ils ne prennent pas leur traitement, etc. Et le fait d’avoir été confrontée à tous ces écueils concrets que rencontre un médecin généraliste dans sa pratique quotidienne me rend aussi beaucoup plus réaliste en termes d’attentes vis-à-vis d’eux. J’espère donc que les études que je réalise sont, selon une expression que nous aimons bien au KCE, « en phase avec le terrain » ! !

Regardez la vidéo de l’interview du Dr Pascale Jonckheer au sujet des nouveaux guidelines pour le suivi de la grossesse à bas risques.

 

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RAPPORT ANNUEL
Published on: 
2017/07/18