Douleurs cervicales aspécifiques : mieux vaut combiner les traitements

  • Novembre 19, 2009

Le Centre Fédéral d’Expertise des soins de santé (KCE) a analysé, en collaboration avec l’université d’Anvers, les nombreuses méthodes proposées pour le diagnostic et le traitement des douleurs cervicales aspécifiques, douleurs pour lesquelles aucune cause n’est mise en évidence. En l’absence de symptômes d’alarme, il n’est pas scientifiquement démontré que des investigations radiologiques soient utiles. Pour le traitement, il existe uniquement des données convaincantes pour la combinaison d’exercices physiques avec des manipulations et/ou mobilisations.

La population belge vieillit et mène une vie de plus en plus sédentaire, ce qui entraîne une augmentation des plaintes liées aux articulations, en particulier les douleurs cervicales aspécifiques. Ce terme désigne la survenue soudaine ou l’existence chronique de douleurs cervicales pour lesquelles aucune cause n’est mise en évidence. En collaboration avec des kinésithérapeutes, médecins généralistes et autres spécialistes, le KCE a étudié les données scientifiques les plus récentes afin de contribuer à une optimalisation des soins lors de douleurs cervicales aspécifiques.

Diagnostic : exclure une cause grave sous-jacente
Pour poser le diagnostic, le médecin écoutera en premier lieu les plaintes et l‘histoire du patient (anamnèse), avant de procéder à un examen physique. Il peut de la sorte s’assurer de l’absence de symptômes d’alarme, témoins potentiels d’une pathologie grave sous-jacente telle que tumeur ou inflammation par exemple. En l’absence de ces symptômes, il est question de douleurs cervicales aspécifiques. Il n’est pas prouvé dans la littérature scientifique que dans ce cas, des examens radiologiques complémentaires soient utiles. Par ailleurs, la constatation d’anomalies radiologiques telles qu’une usure des disques intervertébraux n’est pas nécessairement synonyme de moins bon pronostic pour le patient.

Traitements : seule leur combinaison a un effet prouvé de manière convaincante
Le traitement “multimodal” est le seul pour lequel il existe des preuves scientifiques convaincantes : il diminue la douleur à court et long terme et améliore l’état fonctionnel du patient. Il s’agit d’exercices physiques sous la supervision d’un professionnel de la santé, en combinaison avec des mobilisations et/ou manipulations du cou (entre autres des étirements).

Il n’existe peu ou pas de preuves scientifiques, ou des données contradictoires au sujet de ces mêmes traitements appliqués de manière isolée (manipulations, mobilisations, exercices physiques) de même que pour une série d’autres traitements tels que tractions, électrothérapie, thérapie au laser, acupuncture, colliers souples et injections de toxine botulique ou de dioxyde de carbone. La même constatation s’applique aux médicaments (paracétamol, antiinflammatoires, myorelaxants).

Le KCE recommande l’utilisation des conclusions scientifiques de cette recherche pour l’élaboration de guides de pratique clinique pour les médecins, les kinésithérapeutes et autres professionnels de la santé. Ces guides aideront à faire les meilleurs choix pour le diagnostic et le traitement des douleurs cervicales aspécifiques.

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